Journée internationale de la Bisexualité – Tribune de Bi’Cause

Aujourd’hui, vendredi 23 septembre, se déroule la Journée Internationale de la Bisexualité, qui donne lieu à des initiatives un peu partout sur la planète. Lancée à la fin du...
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Aujourd’hui, vendredi 23 septembre, se déroule la Journée Internationale de la Bisexualité, qui donne lieu à des initiatives un peu partout sur la planète. Lancée à la fin du siècle dernier aux USA, elle est fêtée depuis 2007 par Bi’Cause, association pour la cause bisexuelle et qui est entrée en mai dans sa 20e année.

Plusieurs initiatives ont (eu) lieu en région, ou y font (ont fait) référence, telles qu’une soirée sur la bisexualité à Orléans le 8 septembre, une après-midi expo, débat et pot dimanche dernier à Nice, etc.

 

Pour la 3e année consécutive, nous avons choisi de faire à Paris des événements moins confidentiels, d’accroître la visibilité, et aussi d’élargir le cercle des associations organisatrices et signataires. Cette année, outre Bi’Cause, citons Act Up-Paris, le Caélif, le Centre LGBT Paris-Île-de-France, Contact, FièrEs, la Fsgl, HomoSFèRe, l’Inter-LGBT, le MAG Jeunes LGBT, SOS homophobie. Et nous accueillons avec plaisir toute autre structure qui soutient les initiatives et contribue à leur réussite.

Ce vendredi soir, au Centre LGBT (63 rue Beaubourg Paris 3e), à 20h, se tient une table ronde sur la visibilité bisexuelle, suivie par un moment convivial.bicause-visuel-3
Demain samedi 24 septembre, à 14h, la 2e Marche de la Bisexualité partira de la place du Colonel Fabien pour rejoindre la place Edmond Michelet via l’axe rue du Faubourg St-Martin/rue St-Martin.bicause-visuel-4

La Bisexualité existe, exprimons-la.
Pourquoi ? Car elle est encore largement invisibilisée, notamment dans l’Hexagone : les 1 % à 3 % (sondage IFOP-Têtu, juin 2011) de personnes qui se déclarent bisexuelles sont peu organisées, leur activisme ne crève pas l’écran, et même les « célébrités » de ce côté de l’Atlantique et de la Manche sont souvent discrètes. Pourtant, nous ne pensons pas qu’il faille vivre caché-e pour vivre heureuse/reux ! Plus exactement, toute personne qui veut pouvoir extérioriser son orientation sexuelle doit pouvoir le faire, sans être confrontée aux poncifs « c’est une mode, c’est une transition », « vous m’inquiétez, j’ai peur de votre infidélité » (parfois, les propos sont plus grossiers), quand ce n’est pas « vous propagez la maladie ! »… Il est dur de se faire entendre rétorquer « la bisexualité, ça n’existe pas ». Circulez y a rien à voir ?…
Notre sang bout quand un procureur décrit un assassin fanataique comme un homme à la sexualité débridée – à la fois marié avec une femme, et ayant des relations sexuelles avec des hommes…
Notre exaspération est réelle quand un sexologue affirme qu’est vraiment bisexuelle la personne attirée autant par les hommes que par les femmes… que les véritables bisexuels sont très rares (car) l’immense majorité des personnes sont en fait hétérosexuelles. 50/50, oui, 49/51, on ne le serait pas, mais on serait en fait un-e hétéro

Des jeunes et des moins jeunes souffrent de ces phénomènes de rejet, qui proviennent parfois de gays et de lesbiennes – même si d’autres, constatant ce fait, estiment que « c’est un comble ! ». Cela dit, c’est vrai, la bisexualité dérange (pas seulement elle, tout ce qui déroge aux schémas « mono-sexuels »), parce que, a écrit Catherine Deschamps, sociologue et cofondatrice de Bi’Cause, « La bisexualité, davantage qu’une identité elle-même, est une formidable fouteuse de merde, une délatrice de l’invisible. »
Alors, oui, si la bisexualité commence à mieux être vécue ou comprise chez les jeunes (ce qui, loin des buzz médiatiques, reste à démontrer, ou au moins doit être relativisé), tant mieux !
Cela permettra d’autant mieux de combattre la biphobie, dont certaines manifestations ont été décrites ci-dessus.
Cela permettra qu’on écoute les personnes concernées, qu’on respecte leurs choix et leurs expressions.

bicause-visuel-2Bien sûr, nous étions, même à un nombre trop faible, bien placé-e-s à Bi’Cause pour mettre au clair cette dimension.
Nous la portons notamment dans notre manifeste des bisexuelles et bisexuels, écrit en 2003 et complété en 2007, et qui précise :
Nous sommes attirés affectivement et/ou sexuellement par des personnes de tous sexes et de tous genres, sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l’assumons. Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours, simultanément ou successivement.
Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles, de l’abstinence au multipartenariat.
Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance.
Parmi nous, certain(e)s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d’autres, elle va de soi.
Nous la vivons dans notre identité et/ou dans nos pratiques.
Ce que nous partageons, c’est la volonté de l’assumer en soi et, si possible, avec les autres.
Cette conception sera la trame de notre intervention ce soir, qui inclura aussi tous les phémonèmes de dépassement de la logique binaire ; elle sera le « carburant » de notre participation à la Marche de demain. Elle alimentera aussi notre détermination pour l’année 2016-2017 qui s’ouvre (incluant les bons moments, y compris la soirée Bi’Love que nous organisons le 19 novembre et dont les bénéfices seront reversés à Sol En Si) ; elle irriguera nos actions avec nos partenaires du mouvement LGBT+ ici-même, notre affirmation de chaque instant, et également nos contacts prometteurs avec nos homologues (ou « bi-logues »?) d’Europe et d’ailleurs.

La Marche des Fiertés de Madrid défilait cette année autour de la visibilité bisexuelle.
À quand Paris ?

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