Peut-on réduire les traitements des Séropos ?

Hervé vous parle de cette nouvelle avancée thérapeutique.

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La recherche médicale montre qu’il est possible d’alléger la quantité de médicaments prise par les séropositifs. Mais cela n’avance pas vite, tant nous sommes habitués à la surconsommation médicale.

 

 

SOUHAITABLE ET POSSIBLE

Aujourd’hui, pour un séropo, la prise de médicaments tous les jours est essentielle. Cela permet de bloquer les ardeurs du virus, d’atteindre une charge virale indétectable et de vivre en bonne santé physique. Pour autant, tout n’est pas si simple. La prise d’une trithérapie n’est jamais anodine, il peut y avoir des effets indésirables et on n’a pas assez de recul pour évaluer sa toxicité éventuelle à long terme.

D’où la recherche actuelle sur l’allègement thérapeutique. Cela consiste très simplement à réduire la dose des médicaments, sans diminuer leur efficacité. Tout le monde y gagnerait, enfin presque, car seuls les laboratoires pourraient voir diminuer leurs perspectives de vente ! Plusieurs méthodes sont envisagées, mais toutes ne semblent pas réussir aussi bien. Le premier réflexe, utilisé spontanément par des patients, a été de s’accorder des pauses thérapeutiques. Ils se sont mis en vacances et ont arrêté pendant un certain temps de prendre leurs médicaments. Hélas, cela ne marche pas, s’ils attendent trop longtemps, le satané virus reprend son travail, la charge virale remonte et les fameuses maladies opportunistes se déclenchent. La deuxième piste est de proposer des traitements moins puissants, passer d’une trithérapie à une bithérapie ou monothérapie (donner moins de molécules), mais le risque est de voir apparaître des résistances : si la dose de molécules est trop faible, le virus risque de s’adapter et de recommencer à être actif. Enfin, une troisième voie a été imaginée en France par le docteur Jacques Leibowitch (voir portrait) et semble prometteuse : la prise intermittente du traitement 4 jours sur 7.

Dans tous les cas, on n’allège pas son traitement n’importe comment. Le séropositif doit déjà être bien traité, avoir une charge virale indétectable depuis un certain temps. Alors il peut envisager une réduction progressive sous un suivi thérapeutique. Malheureusement, comme nous l’explique Richard Cross (voir son interview), qui a expérimenté cet allègement médical strict, cela avance lentement. Tout se passe comme si réduire la consommation de médicaments n’était pas une urgence. Peut-être est-ce à nous de nous mobiliser pour secouer le monde de la recherche et de la lutte contre le sida, dans l’intérêt de tous et d’abord des séropositifs…

 

La suite à retrouver dans Garçon Magazine n°7, chez votre marchand de journaux ou abonnez-vous, et recevez une montre !

Sarah Boudena

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