Les amours singulières s’affichent au Studio Hébertot

Entre la création d’un nouveau cycle dédié aux pièces à thématique LGBT et les concerts des Funambules qui chantent l’amour pour tous, le Studio Hébertot (Paris 17e) est une salle résolument engagée et gay friendly. Derrière ces...

Entre la création d’un nouveau cycle dédié aux pièces à thématique LGBT et les concerts des Funambules qui chantent l’amour pour tous, le Studio Hébertot (Paris 17e) est une salle résolument engagée et gay friendly. Derrière ces initiatives, il y a Sylvia Roux, directrice et artiste passionnée, que nous avons eu le plaisir de rencontrer. 

Comment es-tu venue à la tête du Studio Hebertoten 2015 ?  
Sylvia Roux : Professeure, comédienne, metteuse en scène souvent productrice de mes spectacles, j’ai touché à pas mal de postes. Quand Francis Lombrail a pris la direction du Théâtre Hébertot, il m’a proposé de m’occuper du « Petit Hébertot » que j’ai renommé en « Studio Hébertot ». Je souhaitais une vraie politique de programmation, de dévorer les manuscrits pour découvrir des pépites et proposer aux spectateurs des portraits les plus humains possibles, les plus proches d’eux. 

La pièce Compartiment fumeuses (dans laquelle tu joues aussiouvre le cycle dominical des Amours singulièresPourquoi était-il important d’offrir un créneau aux pièces à thématiques LGBT ?  
La communauté LGBT reçoit aujourd’hui de telles attaques barbares qu’il était urgent d’offrir des instants de bonheur et de partage, d’affirmer plus que jamais le droit à la différence, à l’amour. Je pense que le théâtre peut faire changer les mentalités. En embarquant le spectateur dans une belle histoire humaine, nous lui permettons de s’échapper de son quotidien.  Comme il n’est plus limité par ses repères il devient plus ouvert et reçoit à quelques mètres de lui la respiration, les mots, la vérité d’un autre être humain. Ainsi il y a des chances que le récalcitrant réalise qu’il était trop obtus. Encore plus s’il est ému. N’oublions pas, nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas.  

Qu’est-ce qui t’a parlé dans cette pièce ?  
Ce fut un coup de cœur immédiat. Pour moi que ne supporte pas les préjugés ou les idées reçues et qui pense que chaque jour peut révéler des surprises, que rien n’est impossible, cette pièce était une aventure à ne pas laisser passer. L’histoire ? Dans un lieu aussi froid et rigide que la prison où la violence règne, éclot un amour inattendu entre une aristocrate, à l’âge «  qui compte un peu » et une bretonne un brin populaire, récidiviste, au cœur gros comme ça. Sans oublier la surveillante ni noire ni blanche, mi sadique/mi conquise… On y voit trois portraits de femmes qui ne peuvent que toucher et qui sont aussi beaux que complexes. Et les questions d’âge, de catégorie sociale, balayées grâce au coup de foudre ! 

Le Studio Hébertot accueille aussi, chaque lundi, les concerts des Funambules, projet de chansons contre l’homophobie initié par Stéphane Corbin… 
Cette initiative reflète en tous points ce que j’attends du théâtre et de mon lieu. Chaque lundi, il y a une telle ferveur au Studio, c’est un pur moment de plaisir. Le public pleure, rit, se laisse bercer par des interprètes et des musiciens merveilleux. Lorsque le concert s’arrête les gens restent discuter dans la cour. Il n’y a plus homos ou hétéros. Il y a juste des êtres qui se sourient et souhaitent prolonger l’instant.  

Tu es aussi à l’affiche de Stavangerface à face psychologique à l’atmosphère trouble… 
C’est un autre coup de cœur humain. Je joue aux côtés d’un de mes meilleurs amis, Thomas Lempire, et Olivier Sourisse, l’auteur, a été une rencontre hors du temps, une fusion de sensibilité, une réelle reconnaissance. Je suis très fière d’être la première à produire l’une de ses pièces. Sa langue est nouvelle, parfois proche du Condamné à mort de Jean Genet mais toujours en prose, avec le mordant d’un Copi. Et bien sûr, toujours mon éternel amour des portraits humains, des destinées singulières. Deux êtres perdus qui se retrouvent et se sauvent. Servie par une mise en scène et une création son/lumière des plus esthétiques, le maître mot de cette pièce est la réconciliation.  

PLUS D’INFOS 
Toute la programmation : studiohebertot.com 

Vous aimerez aussi :