Presse : Well Well Well

Well Well Well ou comment la presse communautaire se réinvente ?

Well Well Well ou comment la presse communautaire se réinvente ?

 
 

« Les inégalités hommes-femmes valent aussi pour les lesbiennes qui ont tendance à être invisibilisées par rapport aux gays ». C’est de ce constat fait en 2014 lors du lancement de la revue lesbienne par Marie Kirschen, rédactrice en chef, qu’est né ce mook (mi-magazine, mi-book). S’affranchissant des contraintes inhérentes aux médias LGBT, la publication fait de sa liberté un gage de qualité. C’est à l’occasion de la sortie de la sortie du troisième numéro en octobre dernier que Garçon a décidé de partir à la découverte d’une nouvelle façon d’envisager la presse communautaire.

 

 

LA DOUBLE PEINE !

Il y a un an, le Global Media Monitoring Project (GMMP) proposait sa nouvelle étude concernant la visibilité des genres dans les médias et le résultat était encore plus alarmant que lors de la précédente mouture cinq ans plus tôt. En 2015, les femmes représentaient 24 % des personnes dont il est question dans l’actualité, à la radio et à la télévision, en France. Les faits sont indéniables : les lesbiennes ne souffrent pas seulement d’une discrimination liée à leur orientation sexuelle dans les médias, mais elles sont aussi (et surtout) victimes du sexisme de la société. En somme, c’est la double peine !

 

QUID DES LESBIENNES DANS LES MÉDIAS LGBT ?

Et si on regardait aussi chez nous, du côté des médias dits LGBT ? Les faits corroborent les propos de la rédactrice en chef de Well Well Well. Regardons ce qui se passe chez notre marchand de journaux. Deux magazines sont encore présents : MMensuel et Garçon Magazine. Deux magazines LGBT ? Non, deux magazines gays. Faisons notre propre auto-critique. Où sont les lesbiennes, ou même les trans et les bi, éternels oubliés, dans Garçon Magazine ? Ne nous mentons pas, malgré notre volonté, nous ne sommes pas un média LGBT, mais un média gay. Même si nous travaillons à élargir nos thématiques, que ce soit sur notre site, ou dans la publication papier, les sujets susceptibles d’intéresser ces publics sont rares. Nous proposons des sujets dont nous espérons qu’ils vont parler au plus grand nombre des gays.

Et encore, nous avons parfaitement conscience de nous adresser qu’à une toute petite partie de cette sphère. Du côté du cultissime Têtu, la volonté de parler aussi aux lesbiennes a été longtemps revendiquée. En effet, de 2004 à 2009, un quatre-pages était inclus dans le magazine papier à travers la rubrique Têtue. Supprimée, c’est dans une section sur le site intitulée Têtue.com que les lesbiennes ont pu retrouver une actualité susceptible de leur parler. Manque de pot, en 2013, face aux difficultés financières de la marque, c’est cette partie féminine qui saute. Les lesbiennes sacrifiées sur l’autel de la rentabilité ? Ce n’est malheureusement pas la seule fois que c’est arrivé…

 
 

La suite à retrouver dans Garçon Magazine n°7, chez votre marchand de journaux ou abonnez-vous, et recevez une montre !

Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

Vous aimerez aussi :

  • TRUMP ET LES LGBT : COMMENT IL LES A PIÉGÉ

    L’actualité est chargée, de l’autre côté de l’Atlantique pour les LGBT américains ces dernières semaines. Après la sortie du Président des États-Unis largement relayée sur les réseaux sociaux au...
  • Et un jour une « femme »…

    Comme quoi, même chez nos amies les bêtes, Les Feux de l’Amour gays existent « L’amour triomphe toujours » dit l’adage. Même malgré des rebondissements rocambolesques, ce sentiment reste d’une puissance...
  • OLIVIER MINNE : ENFIN LE COMING OUT !

    S’identifiant publiquement comme bisexuel depuis un peu plus de trois ans, Olivier Minne semble avoir tourné la page de cette révélation sur laquelle il revenait pourtant en Mars dernier...
  • TRANSIDENTITÉ : ZONE INTERDITE LÈVE LE VOILE

    « Je ne souhaiterais pour rien au monde que mon enfant soit transgenre. Je pense que j’ai assez d’une seule transition dans ma vie. Je ne supporterais pas d’en vivre...