Personnage historique : Jean COCTEAU

Un pygmalion, dénicheur de jeunes talents

Un pygmalion, dénicheur de jeunes talents

 
 

Ah, la Belle Époque et ses fameux cercles d’artistes et d’intellectuels gays parisiens ! Né en 1889, ce génie a plus d’un tour dans sa lampe : poète, écrivain, réalisateur, scénariste, céramiste, dessinateur… Le flamboyant porte-parole du fameux Groupe des Six marquera le XXème siècle de ses œuvres et de ses amours masculines. Avec une longévité équivalente à celle du Roi Soleil, c’est un mentor pour nombre de jeunes éphèbes, dont il décèlera les sensibilités d’artistes, un lanceur de mode et surtout l’ami de la plupart des grandes figures de son temps.

 

 

Élève rebelle, le jeune Mansonnien souffrira longtemps du suicide de son père alors qu’il n’avait que huit ans. Renvoyé du lycée à quinze ans et ayant raté son baccalauréat deux fois, Jean tient son premier récital de poésie à dix-neuf et publie son premier recueil l’année suivante, ce qui lui ouvrira magiquement les portes d’une caverne secrète : celle des élites gays de l’époque.

 


SON PREMIER AMOUR : UNE IDYLLE DE 5 ANS AVEC UN ÉCRIVAIN DE 15 ANS

Lors d’un hommage à Apollinaire, son ami Max Jacob présente à notre Prince frivole un jeune journaliste en herbe du nom de Raymond. Notre jeune Pygmalion, alors presque trentenaire, a un coup de foudre pour ce jeune hétéro convertible et jouera de son influence pour faire publier le premier roman de son jeune diablotin, ainsi que divers de ses poèmes dans des revues d’avant-garde. L’emmenant découvrir le monde lors de ses nombreux voyages, le couple platonique sera aussi maudit que Verlaine et Rimbaud : son Antinoüs meurt tragiquement d’une typhoïde mal diagnostiquée cinq ans plus tard. Il n’ira pas à ses funérailles. D’ailleurs, il déteste les enterrements. Anéanti, Jean se réfugie dans l’opium, la drogue en vogue de l’époque. Les attaques homophobes de François Mauriac n’aideront pas à la dépression de notre « veuf sur le toit ».

 


UN COMING OUT SOUS FORME DE ROMAN ILLUSTRÉ

« J’ai toujours aimé le sexe fort, que je trouve légitime d’appeler le beau sexe. Mes malheurs sont venus d’une société qui condamne le rare comme un crime et nous oblige à réformer nos penchants. » En 1928, le Livre blanc était une autobiographie romancée anonyme, mais dont les anecdotes bien croustillantes de ses fantasmes d’enfant terrible ne laissaient aucun doute sur son auteur, tout comme ses nombreuses illustrations de jeunes Adam qui ressemblaient étrangement à son harem de jeunes amants. Son histoire et son style étaient connus de son cercle de lecteurs. L’artiste extrêmement prolifique et multiple n’hésite pas à aborder l’homosensualité dans une grande partie de son oeuvre, d’un ton poétique qu’il revendiquera toute sa vie…

 
 

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