Vous l’avez élu, Jean-luc Romero-Michel : personnalité LGBT de l’année

Après un mois de suspense et plus de 7000 votes sur notre site, vous avez élu l’actuel conseiller régional d’Île de France comme personnalité LGBT de l’année avec plus...

Après un mois de suspense et plus de 7000 votes sur notre site, vous avez élu l’actuel conseiller régional d’Île de France comme personnalité LGBT de l’année avec plus de 37% des suffrages, devant Tristan Lopin et Vincent Dedienne. Au-delà de son rôle politique, c’est surtout le militant aux multiples combats que vous avez salué. Nous sommes donc allés à sa rencontre pour dresser le bilan de l’année passée et fixer les objectifs de celle qui vient de commencer.

Par Grégory Ardois-Remaud

Nos lecteurs vous ont plébiscité. Quelle est votre réaction ?

Ca fait forcément plaisir, mais ça prouve surtout que le message militant passe encore. On m’a beaucoup entendu ces temps-ci sur le sida, et j’étais persuadé que ça n’intéressait plus personne. C’est donc très positif, ça montre que malgré une démobilisation autour de ça, notamment chez les jeunes gays, ce combat intéresse toujours le public LGBT.

L’un de vos combats est celui porté contre les discriminations à l’égard des séropositifs. A cet égard, la levée de l’interdiction des soins de conservation funéraires pour les séropositifs serait repoussée à 2018. Une déception ?

Vous savez, dans la lutte contre le sida, on s’est emparé de ce sujet et on l’a porté souvent dans une grande indifférence, comme si la mort n’était pas importante. Ça reste une maladie honteuse même après la mort. Une maladie taboue puisqu’on ne peut même pas avoir les mêmes soins que les autres alors que le corps d’un séropositif n’est pas plus dangereux qu’un autre. Aucun professionnel n’a jamais été infecté en faisant des soins de conservation. D’ailleurs, la plupart des gens qui meurent ne savent pas qu’ils sont séropositifs et ont droits à ces soins. J’ai vu tous les ministres de la santé se succéder disant que c’était injuste, mais rien n’avançait. A priori aujourd’hui ça avance, mais tout aurait dû être fait avant. Mais on sera soumis au prochain pouvoir politique.

Justement, est-ce que vous allez porter ces questions lors des prochaines échéances électorales ?

Concernant le sida et les questions LGBT, on travaille sur un questionnaire dont le thème est serez-vous le président pour une France sans sida ? Il faudrait cet engagement politique car c’est tout à fait faisable.  Il y aura aussi des questions sur les discriminations. On a eu le mariage, l’adoption, mais tout cela n’est pas acquis . Il y a un climat délicat avec une forte lgbtphobie donc chacun d’entre nous doit se bouger quelque soient ces opinions politiques. Il ne faut pas qu’il y ait de recul sur ces égalités. Dans les débats à la primaire, les questions LGBT n’ont pas été présentées. Les élections sont inquiétantes, plus que jamais, c’est indécis et on peut passer du côté sombre. Il faut être mobilisé.

Vous parliez de la LGBTphobie. Comment mieux lutter contre la sérophobie ?

En décembre dernier, un sondage disait que 20% des 15-25 ans croient que l’on attrape le sida en embrassant quelqu’un. Je pense que lorsqu’il y a des fausses idées qui véhiculent de la peur, les discriminations se créent. Vous pensez que les français savent que la majorité des séropositifs sont séro-inoffensifs ? Quelqu’un comme moi, sans charge virale et avec traitement, ne peut pas infecter les autres. Ça contribuerait à la baisse de la stigmatisation des séropositifs, et aiderait à interpeller ceux qui ne savent pas qu’ils sont séropositifs. Ils pourraient vivre sans infecter les autres. Les progrès médicaux n’ont pas été suivis par les progrès sociétaux.

 

Quand on vous écoute, quand on vous lit, on a l’impression que vous ne pourriez pas être un homme sans combat.

J’ai toujours été comme ceci, même gamin. Mais ce virus m’a forcé…

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Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

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