Gaspard Noël, Le nu au service de la photo « intelligente »

Rendez-vous avec un homme passionné par l’univers graphique et intellectuel d’un individu. Toutes ses photos le mettent en scène, souvent nu, avec des concepts différents. Essayons d’en savoir un peu plus sur ce...

Rendez-vous avec un homme passionné par l’univers graphique et intellectuel d’un individu. Toutes ses photos le mettent en scène, souvent nu, avec des concepts différents. Essayons d’en savoir un peu plus sur ce jeune trentenaire qui fait de la photo « intelligente ». 

Né en 1985, Gaspard a toujours été attiré par la photo, notamment grâce à son père qui en rapportait beaucoup de ses voyages. À huit ans, il a son premier appareil mais ses clichés de paysages sont tous ratés. Sa famille lui conseille de les prendre en photo. Naît alors sa passion, qui ne le quittera plus, des individus sur un cliché. 

Ce Parisien de naissance est également passionné de science-fiction, de bandes dessinées et de mangas, ce qui l’a grandement inspiré dans ses photos : « chaque image a son scénario, sa propre narration ». Chaque série de photos a son concept : Résistance fait en Islande, PlaisirDifférence, etc. Je m’enquiers de savoir comment ses concepts lui viennent, l’artiste me répond : « pour Résistance, j’ai une l’idée durant les attentats, je trouvais que les politiques, le climat actuel essayait de nous pousser vers l’inquiétude, la peur. Or, j’aime la capacité de résilience, la force de chaque individu ».  

Ses photos le montrent souvent nu, et Gaspard ne photographie aucun modèle, juste lui. Son explication à ce sujet est très clair : « le fait d’être nu dévoile la fragilité de l’homme, l’individu est minuscule dans l’immensité ». De plus, s’il ne prend aucun modèle, c’est que Gaspard veut tout faire tout seul, voir jusqu’où il peut aller. Je ne peux m’empêcher de lui demander quels sont ses pires souvenirs : « je me suis fait arrêter par les flics plusieurs fois, mais le pire, c’est quand je suis monté sur un iceberg et qu’un gros caillou s’en est détaché, j’ai cru mourir. J’aime mettre ma vie en danger, mais le plus raisonnablement possible. » 

Un cliché peut dévoiler dix hommes sur un arbre, et pourtant ce sera toujours lui. Ses photos sont complexes et lui demandent parfois une matinée de prises de vue et surtout quinze jours de montage. 

C’est totalement absurde qu’il y ait des lois différentes selon la sexualité !  

Gaspard se revendique clairement gay-friendly et me précise : « je leur dois de pouvoir vivre de mon travail, beaucoup de couples gays achètent mes photos ». Quant à la question sur le mariage ou sur l’homoparentalité, il ne comprend pas qu’on puisse être contre : « on n’a pas à juger du désir des autres et c’est totalement absurde qu’il y ait des lois différentes selon la sexualité ! » 

De nombreuses fois exposé, du Grand Palais à la Maison de l’Image à Grenoble en passant par différentes galeries parisiennes, Gaspard souhaiterait également dévoiler des œuvres grands formats au BIOME dans les Landes, au milieu des animaux et de la nature. Je l’interroge sur ses autres projets… sans hésitation il me répond : « j’aimerais terminer le livre de science-fiction que je suis en train d’écrire, continuer de faire des photos, j’ai déjà des idées pour quand j’aurai 80 ans, faire des expos à l’étranger, en Islande, au Japon, à Londres, Berlin… et une expo géante au Grand Palais ? » 

Un artiste à suivre. 

Plus d’infos ! 

www.gaspardnoel.fr 

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