« PLUS JAMAIS SEUL » , AU NOM DU FILS

Profondément choqué par l’agression homophobe qui a coûté la vie à l’un de ses fans en 2012, Alex Anwandter, un chanteur célèbre dans toute l’Amérique latine, a transposé cette histoire au...

Profondément choqué par l’agression homophobe qui a coûté la vie à l’un de ses fans en 2012, Alex Anwandter, un chanteur célèbre dans toute l’Amérique latine, a transposé cette histoire au cinéma dans un premier long métrage sombre et saisissant. Le portrait d’un drame, réalisé avec une extrême justesse, loin des clichés du genre, et qui jette un nouveau regard sur l’évolution des mœurs au Chili. Le fait divers a provoqué une onde de choc dans le pays et l’on a commencé à mettre un nom sur le problème : Homophobie. Entretien avec le réalisateur du film, un passionné d’art et de vérité. 

L’histoire qui a inspiré ce film est tragique. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

Je suis musicien depuis de nombreuses années. En 2012, l’un de mes fans – que je connaissais superficiellement pour l’avoir vu lors de concerts – a été brutalement assassiné lors d’une attaque homophobe. Le niveau de violence était si terrible que ça a secoué les consciences au Chili. Les gens ont réalisé que de telles choses existaient et que de tels drames pouvaient arriver. Personnellement, cela m’a inspiré à explorer davantage la réalisation, ce que je faisais déjà en réalisant des clips vidéo.

 J’ai envie de raconter des histoires sur des personnages, garçons et filles, dont les vies sont invisibles mais qui souffrent pourtant de discrimination et se font agresser. 

Comment le film at-il été accueilli dans votre pays ? 

Il a reçu un accueil très positif, et j’ai senti qu’il était bienvenu dans le sens d’une nécessité de la société de dépasser la figure du martyre qu’a été Daniel Zamudio (le garçon mort en 2012) pour profiter de ce que permet la fiction, à savoir expérimenter les choses d’abord d’un point de vue émotionnel.  

Qu’avez-vous appris de votre expérience de réalisateur de clips qui vous a aidé à faire ce film ? 

Principalement à fabriquer des images clés qui peuvent fonctionner comme des repères émotionnels pour le spectateur. Pour moi, l’émotion est une stratégie qui permet d’intéresser le public à des choses qu’il ne vient pas spécialement chercher. Les images sont de puissants outils pour cela. 

Pensez-vous que les personnes LGBT soient bien représentées aujourd’hui au cinéma ? 

Pas du tout. Chez nous, en Amérique latine, où une culture conservative, catholique et « macho » domine encore les médias mainstream – dont le cinéma – nous en sommes encore à dealer avec d’affreux stéréotypes et des caricatures offensantes. 

Comptez-vous réaliser d’autres films ? 

Absolument ! Pas seulement parce que j’adore ça mais aussi parce que je pense qu’il est extrêmement important qu’il y ait des voix pour parler de ce dont on ne parle pas généralement au cinéma. Tout cela d’une manière qui plaît au public et le divertit, bien sûr. 

Ça parle de quoi ? 

Santiago du Chili, Pablo, un jeune lycéen, se découvre une passion pour le cabaret. Mais un jour il est victime d’une violente attaque homophobe. Bouleversé, Juan, son père, met tout en œuvre pour trouver les coupables… 

Plus Jamais Seul, dAlex Anwandter, avec Sergio Hernandez, Andrew Bargsted. 

Chili, 81 min. Épicentre Films. Sortie le 3 mai 2017. 

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