TEENAGE KICKS, de Craig Boreham … NOUS AVONS TANT AIMÉ !!!

Il arrive d’être surpris par un film. Je l’ai été par celui-ci. Peut-être parce que d’après le titre et l’affiche, je m’attendais à un énième nanar sur les amours...

Il arrive d’être surpris par un film. Je l’ai été par celui-ci. Peut-être parce que d’après le titre et l’affiche, je m’attendais à un énième nanar sur les amours adolescentes, servi par de jeunes éphèbes qui se trouvent être gays et batifolent sous l’œil complice de la caméra. Mais pas du tout.  

Teenage Kicks est un drame psychologique puissant, une réflexion sur le deuil, la culpabilité, le désir, l’amour. C’est un film sur l’affirmation sexuelle, sur la quête de soi. Une quête inhérente à chaque être humain. Tous les personnages de ce drame le traversent en étant profondément transformés. Le scénario – excellent – ainsi que le jeu des comédiens – brillant – font de l’histoire de Miklos une histoire universelle. Nous devons tous, chacun à notre heure et d’une manière qui n’appartient qu’à nous, affronter le deuil, le désir, l’impermanence des choses. Nous avons tous été follement amoureux à l’adolescence. Il ou elle, cet objet d’amour, a été le centre de notre monde. Nous sommes tous Miklos, et nous avons tous aimé Dan. Ce que certains d’entre nous ont peut-être oublié, Craig Boreham nous le fait revivre. Comme un air de « Rappelez-vous, nous avons tant aimé ! » La famille est bien sûr au centre de ce récit, comme au centre de tous les récits. La famille qui aime, qui souffre, qui parfois fait de mauvais choix et doit en supporter les conséquences.  

Teenage Kicks souligne à quel point nos existences sont liées les unes aux autres, inextricablement. Comme chacune de nos actions a une conséquence sur la vie d’autrui. Le battement d’aile du papillon. De l’accident tragique du début – la mort du frère – se déroule le fil du récit tel qu’il se déroulerait dans la vie. Comme pour dire que tout peut changer en une seconde, à cause d’un détail, d’un mouvement d’humeur. Comme pour insister sur le fait que nos vies sont fragiles, cassables. Tout comme nos cœurs. Alors on veut que Dan aime Miklos. On attend cette scène, et elle arrive, seulement pas telle que nous la rêverions. Car la réalité diffère de l’imaginaire. Un jour, il faut se résigner à devenir adulte, une étape qui ne se fait jamais sans sacrifices. Heureusement certains parviennent à garder cette capacité d’amour absolu qui brillait tant lorsqu’ils aimaient leur Dan. 

« Un jour, il faut se résigner à devenir adulte, une étape qui ne se fait jamais sans sacrifices. » 

Teenage Kicks est une nouvelle pépite de ce cinéma australien qui est décidément en train de surpasser le cinéma américain si formaté. Il y a dans cette vague australienne un vent de liberté et d’audace qui manque cruellement, et depuis quelque temps déjà à beaucoup de cinémas. Mon regard est définitivement tourné vers cette production florissante, pleine de promesses. Comme le prochain film de Craig Boreham qui aura toute mon attention. 

TEENAGE KICKS, de Craig Boreham. Australie, 98 min. Optimale. 17,99 €. 

Sortie en DVD : le 23 février 2017. Interdit aux moins de 12 ans. 

Ça parle de quoi ? 

Miklos, 17 ans, perd son frère dans un tragique accident. Un accident dans lequel il a sa part de responsabilité. Cette mort va changer beaucoup de choses dans la vie de Miklos. Pris dans le tourbillon d’une famille en deuil, il se réfugie dans l’amour qu’il porte à son meilleur ami, le beau Dan. Mais la vie le rattrape… 

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