Vincent Boileau-Autin : Un symbole à l’Assemblée nationale ?

Voilà que Vincent Boileau-Autin, premier marié homosexuel de France, présente sa candidature pour les législatives sur la 1ère circonscription des Français de l’étranger (USA-Canada). Mais si le Montpelliérain de 43 ans,...

Voilà que Vincent Boileau-Autin, premier marié homosexuel de France, présente sa candidature pour les législatives sur la 1ère circonscription des Français de l’étranger (USA-Canada). Mais si le Montpelliérain de 43 ans, militant LGBT et président de l’association Fierté Montpellier, a décidé de s’engager, c’est plus par engagement citoyen que par « passion politique ». Il explique. 

Ton militantisme LGBT évolue aujourd’hui vers des causes plus larges : intérêt général, droits humains… Estimes-tu que les relais en place sont suffisants pour défendre les droits LGBT ? 

Avant d’être un militant, je suis un citoyen. Je m’intéresse à mon pays et son évolution. J’ai grandi dans une famille exclusivement féminine, spectateur des engagements politiques et militants de ma mère et de son combat face à une société patriarcale, broyeuse de femmes. Notamment lorsqu’elles « osaient » demander le divorce et la garde de leurs enfants… Très jeune, ma mère m’a sensibilisé à l’esprit de solidarité, à la nécessité de se battre contre les injustices. Je me suis donc engagé en faveur d’une cause qui me touchait de près. Si les droits ont progressé et que les mentalités ont évolué en France, malheureusement la défense des droits LGBT est loin d’être terminée. C’est au même titre que beaucoup d’autres sujets, une question d’intérêt général. C’est pourquoi élargir mes engagements, à travers ma candidature à l’élection législative, ne me détourne nullement de cette cause. Au contraire, elle la renforce. 

Quelles sont les personnalités publiques qui t’inspirent aujourd’hui dans tes combats ?  

J’admire la détermination de Simone Veil dans le combat qu’elle a mené en faveur de l’IVG en France, de Robert Badinter pour l’abolition de la peine de mort en 1981, ou encore le progressisme de Fernand Grenier lorsqu’il déposa un amendement pour instaurer le droit de vote des femmes accordé en 1944. En d’autres termes, j’ai un profond respect des personnalités humanistes. 

Bien que tu partages à présent ta vie entre Montpellier et Montréal, tu n’en demeures pas moins ici un symbole.  

Mon quotidien me démontre que les gens ne s’arrêtent pas à ce symbole, que je ne suis pas « que » cela. Je crois que ce que retiennent les gens avant tout, c’est l’énergie que je suis capable de déployer pour défendre une cause. Beaucoup m’ont convaincu d’aller plus loin. C’est tout le sens de ma candidature. Depuis qu’elle est connue, j’ai reçu des centaines de messages de soutien dont les expéditeurs ne sont pas uniquement les LGBT. Les LGBT sont des citoyennes et citoyens comme les autres, qui n’ont pas à être exclusivement réduit à leur orientation sexuelle ou à leur identité de genre.  

Cette image te sert-elle au quotidien pour faire avancer les causes que tu défends ? 

Mon engagement militant m’a conduit à participer à bien des projets à travers le monde. Je suis avant tout reconnu pour cela. Cependant, je ne suis pas naïf, l’association de ce symbole à mon parcours militant a augmenté le nombre de sollicitations. Je n’y réponds pas favorablement de manière systématique sinon il me faudrait emménager dans un avion (rires). Je privilégie donc les projets qui participent au recul des discriminations et à l’avancée des droits. 

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