Rapport 2017 de SOS HOMOPHOBIE : les chiffres repartent à la hausse !

Alors que le rapport 2016 faisait état des chiffres les plus faibles depuis 2010, confirmant une tendance à la baisse depuis 2014 et la fin potentielle d’une période mouvementée...

Alors que le rapport 2016 faisait état des chiffres les plus faibles depuis 2010, confirmant une tendance à la baisse depuis 2014 et la fin potentielle d’une période mouvementée post-Mariage pour Tous, l’unique baromètre sur ce sujet en France enregistre 19,5% d’augmentation en un an. Effet douche froide….

Par Grégory Ardois-Remaud

Une augmentation de la transphobie de 76%

« C’est une surprise » déplore Joël Deumier, président de SOS Homophobie fraîchement élu en avril dernier. En effet, alors que l’association enregistrait une baisse des témoignages de LGBTphobie depuis 2014, la tendance est à nouveau à la hausse. Plus 19,5% en seulement un an. L’impression d’un retour en arrière… Et que dire de l’augmentation de 48% pour la biphobie et 76% pour la transphobie ? De l’insulte à l’agression physique en passant par la mise au placard, ce ne sont pas moins de 1575 témoignages reçus en 2016.

Le retour d’une LGBTphobie banalisée : « Touche pas à mon Poste a fait beaucoup de mal ! »  selon Véronique Godet, vice-présidente de SOS HOMOPHOBIE.

 

Joël Deumier, nouveau président de SOS HOMOPHOBIE a présenté le nouveau rapport de l’association hier en compagnie de la vice-présidente, Véronique Godet.

Selon les mêmes statistiques, aujourd’hui en France, il y a une agression homophobe tous les trois jours. Des chiffres d’autant plus glaçants qu’ils sous-estiment la réalité, étant donné qu’ils ne sont basés que sur les témoignages volontaires reçus sur la ligne d’écoute de leur association, le tchat ou encore lors des rencontres en milieu scolaire.

Mais ce qui est également marquant, c’est une LGBTphobie banalisée qui est de retour, notamment sur le petit écran. Pour Véronique Godet, « Touche pas à mon Poste a fait beaucoup de mal ! ». Des insultes sur le ton de la blague, qui semblent ne pas troubler le CSA, au nom de l’humour et de la liberté d’expression. D’où l’appel de SOS homophobie à inclure rapidement dans la loi relative à la liberté de communication de 1986, la question de la LGBTphobie.

A ce-titre l’association salue le fait que depuis l’été 2016, la DILCRAH (délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT) prenne en compte ces cas.Même si le président et sa vice-présidente Véronique Godet nuancent les résultats en précisant que cette augmentation s’explique aussi par le fait que certains publics comme les transgenres osent désormais davantage témoigner car plus visibles et pris en compte, les mines sont graves et les responsables sont tout désignés. « L’arrivée des échéances électorales de 2017 et le retour d’un véritable discours de haine propagé par la Manif pour Tous a légitimé les agressions », explique cette dernière.

L’année 2016 a vu le retour de la Manif pour Tous. De là à y voir une cause de l’augmentation de l’homophobie…

La crainte d’un Mariage pour Tous 2 avec un éventuel débat autour de la PMA !

Même si l’association qui a soutenu Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle veut croire en la

Emmanuel Macron sera-t-il un bon président pour les LGBT ?

préservation des droits LGBT durant le prochain quinquennat, voire une évolution (malgré un « un programme pas assez ambitieux »), l’inquiétude est de mise quand est évoqué le sujet de la PMA. En effet, bien que le candidat nouvellement élu s’est dit favorable à celle-ci pour toutes les femmes et que selon les sondages la France l’est aussi à hauteur de 61%, le projet devrait être soumis à un débat public. Une position ambigüe qui fait craindre de revivre une déferlement homophobe, à l’image de ce que la communauté a vécu lors de l’examen de la Loi Taubira. Ce sont pourtant des lois indispensables pour améliorer le sentiment d’inclusion dans la société et faire baisser le taux de suicide, notamment chez les jeunes. Comme l’explique le président de l’association, « Aux Etats-Unis, depuis l’adoption des lois en faveur de la communauté LGBT, le taux de suicide chez les jeunes gays à baisser ». Rappelons qu’en France, le public LGBT met fin à ses jours entre 4 à 7 fois plus que les hétéros.

Une future application mobile en projet

Le président en a aussi profité pour dresser le bilan de leur action. Au total, ce ne sont pas moins de 21500 élèves qui ont été sensibilisés à l’homophobie et donc à l’ouverture d’esprit et à la tolérance. Dans le même temps, en 2016, nous notons la création des groupes parentalité et santé. Aujourd’hui, l’association réfléchit à la création d’une application mobile pour faciliter le témoignage des jeunes, public déjà majoritaire victimes d’homophobie.

Le rapport 2017 de SOS HOMOPHOBIE est d’ores et déjà disponible. 

Retrouvez l’interview de Joël Deumier au sujet du bilan LGBT de François Hollande.

Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

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