Jeune, accidentellement drôle, et queer : Calypso Overkill, Drag parisienne

Entre les manifestations, la tension politique, les transports qui déconnent, et les gens qui « oublient » de mettre du déodorant dans le métro, Paris commence à devenir un peu plus étouffante....

Entre les manifestations, la tension politique, les transports qui déconnent, et les gens qui « oublient » de mettre du déodorant dans le métro, Paris commence à devenir un peu plus étouffante. Mais les beaux jours arrivent, et du coup, on sort, on va danser, et on rencontre des personnages hauts en couleurs. Dans la masse on peut croiser Calypso Overkill, l’une des dragqueen les plus « shady » de la capitale.

 

Photo Valentin Fabre

S’il faut qualifier Calypso, on parlerait d’une bulle d’énergie. Toujours souriante avec une touche de pétasse et une lanceuse de shade catastrophique. Alors pour les néophytes, être « shade/shady » c’est être mauvaise. On image tout de suite la pimbêche sans cervelle qui n’a qu’une passion, être cassante. Eh bien pas du tout ! Enfin si, mais pas beaucoup, enfin pas trop. Enfin peut-être, à vous de juger !

« Moi je suis la drag queen sans sourcil de Paris, je suis drôle sans le faire exprès. »

 

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’elle appartient à la nouvelle génération de Drag parisienne, loin de nous l’idée de faire passer aux oubliettes leurs aînées, mais l’écart de génération est marquant. On ne parle pas de rides, de toute façon avec la tonne de maquillage sur le visage on ne voit rien. Une bombe nucléaire pourrait exploser à cotes d’elles que les radiations ne transperceraient pas le fond de teint.

 

Les jeunes têtes blondes (ou de toutes les couleurs, tout est permis) du milieu drag se veulent fashion, elles s’improvisent muse des créateurs. Et bien Calypso, c’est pareil, tout pareil même, sauf au niveau du budget peut-être.

« Fashion  mais avec un petit budget. Quand on n’a pas d’argent, on a des idées. Et quand on n’a pas d’idées… On y va à poil, c’est bien aussi ! »

 

 

Des talons hauts, des prix bas, et une construction personnelle pas si commune

Ce qu’il faut savoir, quand on est drag, c’est que beaucoup d’établissements vous offrent, de façon très généreuse, occasionnellement l’entrée. Il faut bien trouver un avantage à porter des talons de 15cm et de se scotcher les testicules ! (Oui, aïe , aïe très fort) Calypso n’échappe donc pas à cette règle.

« Je suis devenu Drag de base pour rentrer gratuitement puis c’est devenu un hobby et puis une compétition interne, de sortir le meilleur look possible à chaque fois. C’est aussi pour performer et faire rire les gens. Les ramener dans un autre monde, dans ma fantaisie. »

 

 

Photo Jean Ranobrac

 

 

La drag attire les regards, mais attire t’elle les mecs ?

« Je drague presque jamais en drag. En 3 ans de carrière, je ne suis rentré accompagné que 2 fois. Et je me démaquille avant.»

 

L’art d’être une reine prend du temps, et les insultes fusent, mais la communauté queer se veut de plus en plus jeune, l’impact des réseaux sociaux, ou encore de l’affirmation des genres.

 

« Maintenant que je suis tellement queen, c’est comme un aimant de twinks j’adore »

 

Comme quoi, mettre un peu de rouge à lèvre ouvre les portes de multitudes de choses ! (Ou ouvre une multitude de garçon, au choix)

Par contre, pour ce qui est de trouver un partenaire de vie, la, les choses se corsent. C’est le dur milieu de la nuit, aussi désavantageux, qu’intriguant. Drag la nuit, mais aussi le jour, cet art, c’est une belle façon d’assumer ce qu’on veut, quand on veut. Même quand le soleil brille.

 

 

Quand on a des talons et du maquillage à outrance, on ne fait pas forcement le trottoir

Coté famille c’est souvent le petit couac qui fait tout capoter. Dans son entourage, Calypso se fait ambassadrice des drags, notamment auprès de sa mère.

« Mon frère s’en fout et ma mère essaie de comprendre mais c’est pas tout le temps facile. Elle croyait que je me prostituais »

 

Quoi qu’il en soit, Calypso a bien des talents, comme le lypsinc, mettre l’ambiance, vous renverser tout un verre sur la gueule « sans faire exprès » (on y croit tous), et elle fait même quelques débuts dans la musique.

Pour les curieux qui veulent écouter sa musique c’est juste ICI

Quand on est un homme, qui aime se transformer en femme, on est une drag. Quand on est Jeremy, on devient une queen.

Pour plus de Calypso Overkill, car plus on en a, mieux on est, il suffit de cliquer ici pour son Instagram  et son Facebook .

 

 

 

 

 

 

Vous aimerez aussi :