Faire son coming-out : « Argh… Désolé jeune homme – mademoiselle, ça va pas être possible… »

C’est une question que beaucoup d’entre nous se posent, « Je le dis, je le dis pas ? ».  Le cabinet BCG a dévoilé la semaine dernière les résultats d’une étude sur...

C’est une question que beaucoup d’entre nous se posent, « Je le dis, je le dis pas ? ».  Le cabinet BCG a dévoilé la semaine dernière les résultats d’une étude sur les rapports entre les jeunes LGBT et le monde du travail. Entre les lignes et les chiffres de cette étude, le constat est très divers, parsemé d’une multitude de situations.

 

Même si être gay et l’assumer, chez Garçon-Magazine est une chose absolument tabou (Oui, on n’aime pas vraiment parler des gays, c’est un peu contre natureuuuuh), il arrive que dans d’autres mondes professionnels, la question du coming-out tiraille les esprits, notamment ceux de la jeunesse.

 

 

Le cabinet de conseil en stratégie BCG a dévoilé vendredi 12 mai les résultats d’une étude* sur les rapports entre les jeunes LGBT et le monde professionnel.

 

30 % des répondants LGBT français considèrent que faire leur coming-out au travail est un « risque » (contre 49 % en 2015).

La moitié n’est pas à l’aise lorsque il s’agit d’évoquer leur vie privée : 36 % déclarent « ne pas faire état du genre de leur partenaire » et 13 % déclarent mentir sur son genre ou prétendre être célibataire.

 

L’étude révèle donc une diversité des situations, qui se retrouve aussi dans les témoignages reçus par 20 Minutes sur le sujet.

 

Adrien explique : « Je triche un peu, je ne l’ai pas dit à mon employeur. C’est à double tranchant : j’évite tout le blabla qui y est associé, mais quand certaines blagues sont évoquées, je ne sais pas toujours comment réagir. »

 

Pour Amandine, au contraire, le coming-out n’a jamais été un problème : « J’en parle automatiquement, écrit-elle. Hors de question que je transforme ma copine en copain pour faire plaisir aux gens. Après quatre jobs différents, je n’ai eu aucune expérience négative. »

 

« Mes collègues masculins ont changé d’attitude »

 

Louis n’a pas eu cette chance. Cet étudiant de 21 ans qui travaille dans l’Indre-et-Loire garde un très mauvais souvenir d’une entreprise de restauration rapide.

 

Témoignage recueillis sur 20 minutes :

« Le coming-out est venu assez naturellement, raconte-t-il, et a été plutôt bien accueilli par les 2/3 personnes à qui je l’ai dit. Sauf qu’au final, toute l’entreprise a fini par être au courant. Je m’en moquais au départ mais c’était très gênant. Très vite, mes collègues masculins ont changé d’attitude, comme si, parce que je suis gay, je voulais absolument les convertir ou les séduire. »

 

On imagine tout de suite la réaction tristement classique d’un homme hétéro. Les blagues vaseuses, même plus drôles, et les regards qui fussent dès que l’on ouvre la bouche.

 

« Un jour un client m’a insulté en me disant « sale pédé j’vais t’faire bouffer tes morts », se souvient Louis. La direction n’a pas trouvé judicieux de prendre ma défense et m’a laissé seul face à cet incident. J’ai fini par démissionner quand ma manager m’a dit qu’être gay allait poser problème pour mon évolution de carrière ».

 

Louis s’oriente ensuite vers l’animation périscolaire, avec énormément d’appréhension : « l’homosexualité est assez mal vue dans les métiers de la petite enfance, car vite assimilée à la pédophilie ». Heureusement, les réactions sont cette fois-ci très positives : « une mère qui m’avait croisé à une soirée avec mon copain de l’époque est venue me dire d’elle-même que je n’avais aucune peur à avoir, aucune raison d’être mal à l’aise. Depuis, pas mal de parents m’en parlent ouvertement, avec beaucoup de simplicité ».

 

Faire son coming-out peut donc permettre de se sentir mieux au travail. Des études montrent que si un employé se sent à l’aise avec ses collègues et la hiérarchie, il est bien plus productif. C’est un peu comme le concept du corps sain dans un esprit sain.

Assumer d’aimer les filles ou les garçons ne veut pas dire que tous les hommes ou femmes de la boite deviennent des proies, ou alors l’objet de tous les désirs. C’est juste que maintenant à la pause café, on peut parler sereinement sans devoir s’inventer une copine imaginaire ou transformer Alexandre en Alexandra. 

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