ILS MARCHENT POUR LES GAYS

Pour soutenir les gays, les lesbiennes, les bis, les trans et leurs familles, il a choisi de relever un défi. Mais son geste POUR est aussi une initiative CONTRE. Contre l’homophobie...

Pour soutenir les gays, les lesbiennes, les bis, les trans et leurs familles, il a choisi de relever un défi. Mais son geste POUR est aussi une initiative CONTRE. Contre l’homophobie et ses trop nombreuses dérives. Portrait d’un sportif au grand cœur. 

JULIEN  MAS 

PARIS-MONTPELLIER À PIED POUR LE REFUGE. 

Ce jeune réalisateur parisien de 35 ans a choisi de marcher 1 mois (du 2 mai au 1 juin dernier) depuis Paris et en direction de Montpellier pour soutenir le Refuge. À l’origine de son initiative, un déclic. Professionnel d’abord. Un jour qu’il tourne un reportage sur l’association Le refuge, il est frappé par la détresse et le parcours, dur, de ces jeunes rejetés par leur famille en raison de leur homosexualité. Personnel ensuite. Alors qu’il développe une passion pour la course à pied, il réfléchit au sens de sa course. Naît en lui l’idée de courir pour l’association. Son point de départ : Paris. Son point d’arrivée : Montpellier, siège du Refuge. 700km séparent les deux villes. Coureur amateur, il se rabat sur la marche et prépare son parcours. Il traverse 11 départements de l’Ile de France jusque l’Hérault. « Premier constat, dans les 9 départements intermédiaires, le Refuge ne bénéficie pas encore d’antennes associatives », indique Julien.  

Une France rurale surprenante 

Cette France des petites villes, cette France rurale, il la traverse et rencontre certains de ses habitants. Beaucoup l’hébergeront pour une nuit. Certains marcheront même avec lui 1 jour, 2 jours… « J’ai été surpris de l’intérêt suscité par cette marche, explique le jeune homme, qui ne s’attendait pas à certaines réactions, notamment des hétéros qui sont venus à sa rencontre. Beaucoup étaient effarés d’apprendre que des parents pouvaient rejeter leur enfant par homosexualité. Ils pensaient que depuis le Mariage pour Tous, le combat était gagné ». Pourtant, il n’en est rien. Le débat de 2013 a aussi décomplexé une parole homophobe, libéré certaines haines.  

La force des images 

Pour mettre la lumière sur cela, Julien aura accompagné certaines de ses étapes de la projection du documentaire de Sonia Rolland « Du rejet au Refuge ». Salles communales, cafés associatifs, local universitaire…9 projections au total et autant d’échanges. « Je me souviens d’une jeune maman lesbienne, la voix tremblante, qui semblait parler pour la première fois de sa vie de sa situation avec des gens qui ne la jugent pas, raconte Julien. C’est là qu’on s’aperçoit qu’en milieu rural, on n’est pas forcément plus homophobe qu’en ville. C’est juste qu’on ne dit pas ces choses là. Pourtant la parole libère… »La parole, publique, informe aussi. Parmi les personnes croisées sur la route, cet élu de la Ville de Vichy, qui ne connaissait pas le Refuge et qui lui fera une promesse : tout mettre en œuvre pour mettre à disposition de l’association quelques chambres vacantes, en cas d’urgence pour des jeunes du territoire. Arrivé à Montpellier sous les acclamations, Julien aura parcouru 700km et réussi son pari. Les jambes lourdes, certes, mais la tête pleine de souvenirs. 

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