Avant-première : on a vu « Baisers cachés » !

La fiction est diffusé ce soir en prime time sur France 2.

A l’instar de TF1 en février dernier avec le sujet des transgenres, ce soir France 2 propose une fiction en prime-time sur un autre sujet LGBT : l’homophobie. Une belle initiative qui n’est pas une première pour la chaîne publique qui avait déjà proposée il y a quelques années plusieurs fictions marquantes sur cette thématique. Mais ce téléfilm proposé à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie est-il à la hauteur des attentes du public LGBT ? Verdict.

Par Grégory Ardois-Remaud

Nouveau venu au lycée, Nathan (Bérenger Anceaux), 16 ans, vit seul avec son père policier Stéphane (Patrick Timist). Leurs rapports sont complices. Mais lors d’une soirée, Nathan embrasse un autre garçon et une photo du baiser circule bientôt sur le net. Le scandale éclate alors au lycée devant un système éducatif impuissant, mais aussi dans les familles où l’ignorance et l’incompréhension règnent. En effet, lorsque Stéphane découvre l’homosexualité de son fils, il est choqué et se détourne de Nathan. Au lycée, les élèves harcèlent le jeune ado et s’interrogent sur l’identité de l’autre garçon. Il refuse de révéler l’identité de son amoureux et fait front contre les moqueries et la violence. Pourra-t-il compter sur son père ? Et sur celui qu’il aime déjà ?

Très rapidement, Nathan (Bérenger Anceaux ) va devoir affronter les moqueries de ses camarades, mais aussi la colère de son père.

La fiction aborde avec force les conséquences de la différence, des non-dits et surtout de l’ignorance. L’homophobie jusque-là latente se fait jour après l’outing, face à une société qui n’ose pas se mouiller.

« Baisers cachés s’adresse à tous les jeunes dans cette situation afin qu’ils se sentent moins seuls » souligne Patrick Timsit, qui incarne le père de cet ado qui va subir l’homophobie de toutes parts. En effet, la fiction met en lumière la difficulté de se dire homo dans un milieu où la visibilité LGBT n’existe pas, mais également l’évolution possible du regard des proches au fur et à mesure où l’ado va oser s’affirmer. Mais si la fiction pourra effectivement parler aux jeunes, l’intérêt vient aussi du fait que c’est avant tout par la vision des parents que l’homosexualité et l’homophobie sont abordées.

« C’est à nous de changer, pas à lui ! »

Si le père de Nathan incarné par Patrick Timsit est d’abord réticent à l’homosexualité de son fils, il décide rapidement de le défendre face à la vindicte. Les parents de l’autre garçon interprétés par les talentueux Barbara Schulz et Bruno Putzulu sont eux en proie à un véritable bouleversement de leurs certitudes et préfère rejeter leur fils, jusqu’au jour où…

Le personnage de Bruno Putzulu (à gauche) en proie au bouleversement de ses certitudes.

L’éducation nationale pointée du doigt

Mais au-delà des différentes démonstrations de l’homophobie dans lesquelles chaque gay pourra se reconnaître, c’est bien l’impuissance du système scolaire qui est pointée. Lorsque plusieurs professeurs, dont la prof de maths jouée par Catherine Jacob, montent au créneau pour faire venir au lycée des associations habilitées à parler de ce sujet, le proviseur se range derrière la crainte des réactions de parents d’élèves. Très vite, sous-tend alors l’idée que l’Education Nationale ne prend pas assez à bras le corps ces questions, alors que l’école se donne pourtant pour but d’inculquer le vivre ensemble.

« Si j’étais homo, je me tue direct »

Au final, le téléfilm réalisé par Didier Bivel sur un scénario de Jérôme Larcher est une fiction poignante qui a le mérite de proposer à une heure de grande écoute, un regard sur l’homophobie encore omniprésente dans notre société. Dommage, cela dit, que la thématique soit abordée seulement en surface et sur un synopsis vu et revu. Le public LGBT, les parents concernés se retrouveront sûrement dans cette fiction. Moins sûr que celle-ci touche un public plus large. Dans tous les cas, on ne peut que saluer la proposition de France Télévision de jouer la carte de la visibilité LGBT. On aimerait juste que ce ne soit pas qu’une fois par an.

 

PLUS D’INFOS

Baisers Cachés, à découvrir ce soir à 20h55 sur France 2

 

Les deux jeunes garçons pourront-ils finalement s’aimer librement ?

Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

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