Transidentité, Les idées reçues ont la vie dure

Alors que la question de la transidentité soulève encore en France de nombreuses interrogations et se retrouve parfois au cœur de polémiques, nous avons passé en revue avec l’Association Transgenres Côte d’Azur (ATCA),...

Alors que la question de la transidentité soulève encore en France de nombreuses interrogations et se retrouve parfois au cœur de polémiques, nous avons passé en revue avec l’Association Transgenres Côte d’Azur (ATCA), quelques-uns des clichés les plus souvent véhiculés, demandant aux bénévoles d’y répondre avec des mots simples*. 

La transidentité est une maladie mentale 

La transidentité appelée « transexualisme » a quitté la classification des maladies mentales, en France, depuis 2010. L’OMS travaillait en 2016 sur le retrait de cette classification. Les personnes transidentitaires ne souffrent pas de leur transidentité mais des difficultés qu’elles rencontrent pour la vivre dans la Société. 

La transidentité est le résultat d’un traumatisme 

Dès leur plus jeune âge, certains enfants se reconnaissent d’un autre genre que celui qui leur a été assigné. Les parcours sont très variés et indépendants de traumatismes particuliers. 

La transidentité est une question sexuelle 

Le terme « transexualité » encore parfois utilisé renvoie à une connotation sexuelle. Il lui est aujourd’hui préféré transidentité (transgenre), qui relève bien de l’identité de genre et ne renvoie pas à la sexualité. 

Transvestisme, transidentité c’est la même chose 

Une personne peut aimer « passer » dans l’autre genre pour un temps, en adopter les codes tout en gardant son identité: je m’habille en homme mais je reste une femme. Une personne transidentitaire choisit de se présenter comme elle est dans son genre: c’est une femme qui se présente femme… Le genre est bien plus riche que la définition binaire homme-femme. Il existe une variété infinie et évolutive d’identités. 

Les personnes transidentitaires sont des homosexuel(le)s non assumé(e)s 

La transidentité n’est pas une question de sexualité.  

Il y a plus de M to F (Male to Female) que de F to M (Female to Male) 

Les proportions sont partagées dans la population à partir du genre assigné à l’origine. 

Les personnes transgenres ont pour objectif une opération génitale ou esthétique 

Il n’y a pas de passage obligé ni de hiérarchie dans les soins. Chaque personne choisit son parcours et les soins qui lui semblent nécessaires. L’accès à la prise en charge des soins reste compliqué et sujet à débat. Il est également critiquable que les personnes transidentitaires se voient refuser des soins accordés à d’autres personnes dans la population, ou que ces soins soient soumis à une validation psychiatrique.  

Trans = traitements hormonaux 

Les protocoles sont fonction de la demande et des contraintes médicales. Il peut très bien n’y avoir aucun traitement hormonal. 

Il est normal de demander à une personne trans si elle a été « opérée » 

Les questions d’utérus, de testicules ou les dossiers médicaux sont ils des sujets habituels de convivialité ou de discussions professionnelles? C’est une question de savoir-vivre… 

À partir d’un certain âge on ne peut pas effectuer de parcours de transition. 

Les contraintes médicales et les moyens d’information ont évolué ces dernières années. Les parcours de transition peuvent concerner des personnes de tout âge.  

Les relations familiales sont forcément conflictuelles 

Chaque parcours de vie est particulier. La « transidentité » sert, hélas, parfois de prétexte au rejet ou à la malhonnêteté. Cela rejoint toutes les intolérances: le racisme, le sexisme, l’homophobie… 

Les personnes transidentitaires ne peuvent pas être des parents 

La France, pour obtenir le changement d’état civil judiciarisé, a exigé la castration, la stérilisation des personnes transidentitaires. Depuis novembre 2016, ce n’est plus exigible.  

Les personnes transgenres sont toujours dans la plainte et militent ardemment 

La société ne favorise pas la vie des personnes transidentitaires: psychiatrisation, droit au travail, accès aux soins, respect. Les personnes demandent l’égalité des droits car elles sont membres à part entière de la société. Qui peut attendre d’une personne discriminée qu’elle se taise?  

Les personnes transidentitaires sont travailleurs et travailleuses du sexe 

Les personnes transidentitaires existent dans toutes les catégories socioprofessionnelles. Les difficultés d’intégration dans la société (obstacles liés à l’état civil au travail: licenciement, rejet parfois de l’entourage, difficultés d’accès et coûts des soins médicaux) obligent malheureusement certain à trouver des solutions pour survivre. 

Les personnes transidentitaires exacerbent la virilité ou la féminité…et tondent leur pelouse en talon aiguille ! 

Ce sont des images qui cherchent à discréditer et à renvoyer une image dévalorisante. Toute personne dans la population choisit  sa vie en fonction de ses désirs et de ses contraintes.  

Le changement d’état civil d’une personne transidentitaire c’est un détail. 

C’est une revendication fondamentale. Un accès encore simplifié résoudrait des difficultés sociales considérables. Cette demande ne nuit à personne alors pourquoi les réticences? 

*Le mot des bénévoles de l’ATCA/ Toutes les questions abordées ici mériteraient bien évidemment un développement plus approfondi. Par souhait d’aborder un maximum de sujets, nous avons donc été synthétiques. L’ATCA est bien évidemment disposée à échanger sur les points soulevés. Facebook.com/atca.asso 

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