Hanouna, nouveau synonyme pour homophobie ?

A moins de vivre dans une grotte sans aucune connexion internet, ce weekend les mots Hanouna, Touche pas à mon poste, et homophobie étaient indissociables. Bien que le présentateur...

A moins de vivre dans une grotte sans aucune connexion internet, ce weekend les mots Hanouna, Touche pas à mon poste, et homophobie étaient indissociables. Bien que le présentateur annonce avoir été blessé par ces accusations, son émission, est le point de rencontre d’en moyenne, plus de 1.5 million de téléspectateurs. Entre banalisation de l’homophobie, ou mauvaise caricature.

 

Cyril Hanouna

 

Une émission dont la vulgarité est permanente et gratuite

Il y a quelques mois, l’émission frappait fort dans sa grande série homophobe. Matthieu Delormeau, qui a été contraint de faire son coming-out devant les caméras, subissait une avalanche de réflexions sur sa sexualité. Bien qu’à petite dose les blagues homophobes puissent faire sourire et même rire, l’humiliation constante, non.

Entre les « ça te dérange pas toi d’être assis pendant des heures sur une queue » et les « défis » qui consistent à se faire verser des pâtes dans le caleçon, on peut dire que la mayonnaise a tourné.

L’émission légitime cette violence et la banalisation des actes homophobes, parfois même sexistes, comme cette jeune femme obligée d’embrasser un chroniqueur, qui avait fini par poser ses lèvres sur sa poitrine.

 

Jouer sur les clichés pour mieux rabaisser

Les sites de rencontre, la présence du cul sur internet, les dialogues crus, sont des éléments qui existent, et on ne peut le nier. Estimer qu’être gay se limite à être « très sportif » et « bien monté », c’est un peu comme dire qu’être blonde c’est être conne, et que venir du Nord, c’est coucher avec son cousin. (Sauf madame Christine Boutin, une des exceptions à la règle)

Le sujet de l’homosexualité n’a été abordé que 5 minutes. Pendant ces 300 secondes seul le sujet du sexe était présent. Tout n’a été réduit qu’au sexe, qu’à des garçons qui parlent crûment pour s’exciter. L’homophobie, ce n’est pas juste que des coups sur le visage, c’est aussi les mots, les gestes, et les mentalités.

En arrière plan, Jean-José, profil fake

 

On prend les mêmes et on recommence

La comparaison avec la Tchétchénie brûle les lèvres. Bien qu’Hanouna n’ait aucune intention d’assassiner quelqu’un, la traque sur internet rappelle les méthodes utilisées par les forces de l’ordre Tchétchène.

De manière récurrente, Hanouna désigne une victime, et tous s’en donnent à cœur joie. La moyenne d’âge des téléspectateurs est comprise entre 15 et 25 ans. Nourrir les têtes blondes avec ce genre de message ne ressemble pas à un message de tolérance, mais d’exclusion.

 

Nawak Illustration

« J’ai un ami gay, ça passe »

Hanouna confond lutte contre l’homophobie, et les excuses qui la nourrisse. Bien qu’un des chroniqueurs soit gay, rien n’excuse de prôner la haine envers les autres sexualités. C’est un peu comme dire « Je ne suis pas raciste, j’ai un ami noir »

Nawak Illustration

Le présentateur s’est défendu sur les réseaux, il estime que la caricature se doit d’être pour tous dans un souci d’égalité. Nouveau petit bémol, il est rare de voir les victimes caricaturées, et non les bourreaux. Nombreux sont aussi les internautes qui ne comprennent pas pourquoi cette blague prend autant de poids.

Il est important de rappeler, sans vouloir insulter les personnes hétérosexuelles, que ce n’est pas à eux de définir ce qui est homophobe ou non. Comme ce n’est pas aux hommes de dire à une femme ce qui est sexiste ou non.

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