Tchétchénie : Transfert des prisonniers gays

Le magazine Novaya Gazeta, média qui avait dénoncé les tortures faites aux homosexuels, a annoncé hier que les prisonniers gays, détenus dans les camps de concentration avaient été transportés...

Le magazine Novaya Gazeta, média qui avait dénoncé les tortures faites aux homosexuels, a annoncé hier que les prisonniers gays, détenus dans les camps de concentration avaient été transportés dans un nouveau lieu. Kadyrov, leader Tchétchène, avait annoncé vouloir exterminer tous les gays avant le début du Ramadan. La période de jeûne commence ce soir.

 

 

Lorsque le comité d’enquête de la Russie est arrivé sur les lieux, le site était abandonné. L’emplacement du camp d’origine a été enterré et recouvert de débris de construction. Le Réseau LGBT russe craint que les hommes n’aient été transférés dans une nouvelle prison.

Les enquêteurs annoncent que les prisonniers seraient dans une base de formation des forces policières. Ce nouveau « camp » se situerait à Terek, à 60km d’Argun. L’entrée a été interdite car « La formation est en cours ». C’est donc un nouveau prétexte pour camoufler les activités des forces de l’ordre contre les Droits de l’Homme.

 

Une destruction de preuve éclair

Aucune trace n’a pu encore être découverte. Les lieux, aussi vides qu’un cimetière, inquiètent les groupements LGBT Russes.

« Nous craignons que les hommes n’aient été transférés dans une nouvelle prison. »

 

Novoya Gazeta affirme également que les forces de sécurité tchétchènes exercent une pression sur les proches des victimes et des fugitifs.

Un des anciens camps

Une pression énorme pour étouffer toutes fuites possibles

Le journal assure que les autorités maintenant « exigent que les familles signent une déclaration avec le texte standard indiquant:

 » leur fils (ou frère) [NOM COMPLET] a quitté la république pour travailler à Moscou fin février. Il n’y a pas de lien avec la police tchétchène « .

Le réseau LGBT russe a aidé à évacuer 42 hommes homosexuels de la région,  décrivant la situation « mortellement dangereuse » qu’ils ont trouvé là.

Dans son rapport, Human Rights Watch a déclaré:

« Les informations publiées par Novaya Gazeta sont conformes aux rapports que HRW a récemment reçus de nombreuses sources de confiance, y compris des sources sur le terrain. Les témoignages et les révélations des contacts proches ne font que confirmer l’horreur qui se déroule à cet instant même. « 

Le nombre de sources et la cohérence des histoires nous laissent sans aucun doute que ces développements dévastateurs ont effectivement eu lieu. Dans une lettre au journal israélien Haaretz, les autorités russes ont écrit qu’il n’y avait «aucune victime de persécution, de menaces ou de violence» en Tchétchénie.

Il a ajouté que les articles publiés dans le journal Novaya Gazeta et ailleurs constituaient une «excuse pour le début d’une campagne de propagande contre la Russie dans le monde entier».

 

Les oppresseurs s’affolent 

En plus de déplacer les camps précipitamment, en détruisant toutes les preuves possibles de façon grossière, les bourreaux paniquent. Une vague de menace déferle sur les médias. Les journalistes de Novaya Gazeta qui ont exposé la purge ont été forcés de se cacher car ils ont reçu de nombreuses menaces de la plus grande mosquée de la région, qui a déclaré le djihad contre le journal.

 

La date de l’exécution arrive

Ce soir débute le ramadan. Période de partage et de recueillement, mais aussi de paix, sauf pour Kadyrov. Il s’est  engagé à «éliminer» la communauté gay en Tchétchénie au début du jeûne.

 

Un certain nombre d’histoires déchirantes de la région ont été partagées, y compris des histoires de parents d’homosexuels qui ont reçu un avertissement pour tuer leurs enfants avant les policiers dans des camps de torture.

Tanya Lokshina, de Human Rights Watch, a déclaré que les autorités tchétchènes avaient mené des «exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, de la torture et des traitements cruels et dégradants» au cours des deux dernières décennies.

 

Vous aimerez aussi :