Regards de Cannes # 4 : Ozon ose avec « L’Amant Double »

Avec la régularité d’un métronome ou presque, François Ozon livre son cru annuel. Et c’est en compétition officielle qu’on le retrouve cette année à Cannes, quatre ans après Jeune...

Avec la régularité d’un métronome ou presque, François Ozon livre son cru annuel. Et c’est en compétition officielle qu’on le retrouve cette année à Cannes, quatre ans après Jeune et Jolie et moins d’un an après Frantz son précédent film. Le réalisateur quitte le drame historique pour un genre plus rarement représenté en France : le thriller érotique.

L’Amant Double  s’inspire d’un livre de la géniale écrivaine gothique-punk-queer Joyce Carol Oates  Lives of the twins, paru sous pseudonyme. Mais il s’inspire surtout de l’oeuvre post-hitchcockienne de Brian De Palma, où la figure du double intervient régulièrement.

L’auteur de 8 Femmes s’amuse avec le spectateur avec audace et délectation. Jamais Ozon ne s’était permis une telle liberté scénaristique et formelle, et ça fait du bien. Oubliées les mines contrites et la crinoline en noir et blanc de Frantz , place aux parties de jambe en l’air violentes, aux névroses savoureuses et aux joutes mémorables entre un Jérémie Rénier tantôt fragile tantôt manipulateur et une Marine Vacht inquiétante et trouble.

Le Ozon qui parle de sexe est toujours plus intéressant que le Ozon qui parle d’amour, et il n’est jamais aussi à l’aise qu’à travers un scénario élaboré et alambiqué, même si quelques twist tombent un peu à plat.

Pas forcément totalement abouti, L’Amant double a le mérite de détonner dans un paysage cinématographique français parfois plan-plan, et remplit totalement sa mission de divertissement.

Tristan Barreiros Gueunier

Sa passion secrète : il écoute Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier tous soirs en podcast, il ne peut pas dormir sinon... Sa manie : il ne peut pas s'empêcher de répondre et enchainer une chanson à chaque fois qu'on lui parle...

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