« La communauté gay sera toujours là et on aura toujours des enfants » – Beth Ditto

Le 16 juin sort le premier album solo de Beth Ditto. Beth c’est cette voix puissante, intense, qui donne des frissons et fait se relever les poils. Mais ce...

Le 16 juin sort le premier album solo de Beth Ditto. Beth c’est cette voix puissante, intense, qui donne des frissons et fait se relever les poils. Mais ce n’est pas qu’une simple chanteuse à la voix inimitable, c’est d’une certain façon, la représentation d’une liberté de la femme, du corps, de l’esprit. Son physique merveilleux, ses grands yeux cernés de maquillage, et ses prises de position féministes et LGBT, c’est une part entière de son ADN. L’icône de la pop, qui s’est mariée avec sa maquilleuse, est une chanteuse discrète. Apres la séparation du trio Gossip, elle fait son retour avec Fake Sugar. Au fil de ses paroles, elle évoque ses combats, ses attentes, et qu’elle ne lâche rien.

 

Le groupe Gossip, avec Beth Ditto et sa voix puissante.

 

Interview de chEEk Magazine

Quand as-tu ressenti ton premier déclic féministe?

« Tout a commencé par des pubs à la télé. J’ai remarqué qu’il n’y avait que des femmes dans les pubs pour les produits ménagers. Je devais avoir 11 ans. Mais même avant ça, je me rappelle avoir trouvé injuste que ma mère doive travailler aussi dur sans considération. On n’employait pas trop le terme “féminisme” à la maison, mais j’ai grandi entourée de femmes fortes -avec notamment une tante qui détestait ouvertement les hommes. Des femmes dynamiques, qui avaient de la personnalité et de l’esprit. »

 

Qui sont tes icônes féministes dans la pop culture?

« J’adorais la série Rhoda quand j’étais petite, avec le personnage génial de Rhoda Morgenstern. Je peux aussi citer Mama Cass, Miss Piggy, Tobi Vail, Charlotte Cooper, ou encore l’incroyable Lily Tomlin. »

 

As-tu déjà écrit pour des zines?

« Non, je crois que j’étais trop complexée. J’en lisais beaucoup quand j’étais ado. À cette époque, je vivais en Arkansas et j’ai rencontré des riot grrrls qui adoraient les zines, mais elles m’intimidaient énormément. Certaines étaient assez méchantes, en plus! Je préférais apprendre en écoutant, plutôt que de me lancer tout de suite. »

On peut toujours aller plus loin, mais je pense que la Women’s March était déjà une étape historique, qui a eu un énorme impact.

 

À 18 ans, tu as déménagé à Olympia, le QG des riot grrrls dans l’État de Washington. Quel genre de rapports avais-tu avec ce mouvement?

« C’était en 1999, donc c’était la fin. J’ai quand même pu sentir ses répercussions. Je pense que c’était même mieux que si j’avais été en plein dedans parce que beaucoup de groupes vivaient des périodes difficiles. Certaines ne se parlaient plus. C’était une scène qui se battait pour de bonnes raisons, mais elle a beaucoup attiré l’attention, ce qui a provoqué des tensions et des amertumes. Je suis contente d’avoir raté ce côté-là. Ça me permet de continuer à idolâtrer les féministes de ces groupes. Je reste nostalgique de ce mouvement qui a changé ma vie et que j’ai pu vivre sur la fin. »

 

Avant les riot grrrls, les idées féministes étaient cruciales chez des groupes comme X-Ray Spex, les Slits, les Au Pairs… Où les trouve-t-on aujourd’hui?

« Il y avait aussi Malaria!, les Raincoats… J’ai l’impression que de nos jours on les retrouve plutôt dans la pop que dans le rock. C’est d’ailleurs génial! Certains disent que ce n’est pas suffisant et différentes définitions du féminisme s’opposent, mais on peut quand même coexister et se battre pour atteindre un but commun. J’aimerais qu’il y ait davantage d’indulgence et de soutien mutuel. »

 

Son titre Fire :

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