Équateur : Un écho à la barbarie tchétchène

Les horribles crimes commis à l’heure actuelle en Tchétchénie sont sur toutes les bouches, tant pour leur atrocité que pour leur gravité, et leur répression auprès de la communauté...

Paola Paredes

Les horribles crimes commis à l’heure actuelle en Tchétchénie sont sur toutes les bouches, tant pour leur atrocité que pour leur gravité, et leur répression auprès de la communauté homosexuelle. À cette image, l’Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et intersexués (ILGA) met en lumière des chiffres des plus alarmants. En 2017, encore 73 pays dans le monde condamnent l’homosexualité comme crime, soit un pays sur trois. C’est notamment le cas en Équateur, d’où la photographe, Paola Paredes, livre une série de photos poignantes sur ces centres qui tentent de soigner les homosexuels.

Paola Paredes

Pas si illégal que ça.

À travers des photos chocs, Paola Paredes veut dénoncer les centres de cures pour homosexuels qui pullulent encore en 2017 en Équateur. La photographe a reconstitué le quotidien des victimes pour dénoncer ces pratiques soi-disant illégales dans le pays. C’est un travail de plusieurs années que livre Paola avec ses photos. Elle a attendu des années pour recueillir le témoignage des femmes « soignées » dans ces foyers, tant celles-ci avaient peur.

Paola Paredes

Les familles de ces femmes payent jusqu’à 450 euros par mois pour que leurs filles soient soignées de « leur mal ». Loin d’être une exception, ces endroits sous souvent situés dans de petits villages. Plus de 200 sont répertoriés dans le pays. Même si l’État équatorien prend certaines mesures, comme en 2011 où le ministère de la Santé en avait fermé 30, ce n’est pas suffisant. La police locale est souvent complice de ces centres, et avertit les gérants quand un contrôle va avoir lieu pour qu’ils cachent les « patients homosexuels ».

Viol, électrocution, exorcisme.

Ces centres se protègent en se faisant passer pour des centres soignant les addictions à l’alcool et aux drogues. Leur but est de rendre les personnes homosexuelles hétérosexuelles. La photographe s’est entretenue avec trois femmes qui ont été internées, car elles aiment les femmes. Les témoignages et les pratiques qu’elles ont subis concordent en tout point : les filles sont fouettées avec des câbles, elles sont plongées dans des baignoires d’eau gelée et droguées à coups de médicaments dont la composition reste très floue. Les « médecins » aux techniques plus que douteuses, les contraignent à se maquiller et à s’habiller en « vraies femmes » pour les traiter, elles sont également violées par leurs tortionnaires, afin de les faire changer d’orientation sexuelle.

Paola Paredes

Des techniques barbares rappelant les pratiques des psychologues des années 1960, comme l’électrocution, sont aussi difficiles à imaginer en 2017. Cette pratique consiste à faire des électrochocs à un homosexuel, pendant que des images du sexe qu’il ne devrait pas aimer défilent devant lui. Face au peu de résultats, les « médecins » obligent ces femmes à prier et lire la Bible pour les ramener sur le droit chemin.

Paola Paredes

Paola Paredes, elle-même homosexuelle, a nommé son projet « Until You Change ». Elle se met en scène selon les témoignages qu’elle a réunis, car les victimes craignent d’être reconnues. La photographe s’est associée avec une association LGBT équatorienne pour lancer une campagne de financement participatif, afin d’offrir une meilleure information sur l’homosexualité et d’éviter ces horribles pratiques en sensibilisant les citoyens. Un mouvement est né sur internet pour dénoncer ces centres : All Out. À l’heure où la Tchétchénie est sous le feu des projecteurs, de nombreux pays tels que l’Équateur, ferment les yeux face à ces personnes torturées ou tuées pour leur orientation sexuelle.

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