Leo Varadkar, 38 ans, métisse, gay… et futur Premier Ministre.

Le 12 juin prochain, le jeune Leo Varadkar succèdera au Premier Ministre démissionnaire Enda Kenny à la tête du gouvernement Irlandais. Une évolution historique sans précédent dans un pays...

Le 12 juin prochain, le jeune Leo Varadkar succèdera au Premier Ministre démissionnaire Enda Kenny à la tête du gouvernement Irlandais. Une évolution historique sans précédent dans un pays d’Europe assez conservateur, et une symbolique qui résonne comme autant de victoires contre le repli sur soi comme sur le passéisme. Portrait d’un futur dirigeant à l’image de demain.

 

Nom : Varadkar. Prénom : Leo. Âge : 38 ans. Fonction : Premier Ministre. Origine : Indo-irlandaise. Détail : homosexuel. Car il s’agit bien d’un détail, et à peine distinctif. Celui qui succèdera à la tête du pouvoir exécutif Irlandais se distingue par bien des aspects. Qualifié par une part de ses concitoyens de « Trudeau ou Macron irlandais » mais également critiqué pour certaines de ses idées conservatrices, cet ancien médecin élu député il y a dix ans pour le parti centre-droit Fine Gael est en passe de devenir le plus jeune Premier Ministre jamais connu du pays.

 

Leo Varadkar apporte son soutien au futur Président Macron le 1er Mai 2017

 

L’Irlande demeure pourtant un pays encore imprégné d’un catholicisme conservateur, ce ayant certaines conséquences politiques. Un pays où un avortement est encore passible d’une peine de prison. Un pays où l’homosexualité n’était plus un crime qu’en 1993. Mais un pays dont le Parlement (Dáil Éirrean) plébiscite avec 60% des suffrages un candidat à la fois métisse (fils d’un immigré indien de Mumbai) et publiquement gay.

 

« I’m a gay man ! » déclare Leo Varadkar au micro de la RTÉ 1, janvier 2015

 

Comment comprendre ce choix ? Sans doute par les considérations répétées du candidat lui-même quant à sa prétendue « différence ». Leo Varadkar peut alors apparaître comme un modèle gay en ne se caractérisant justement pas comme tel. En ne faisant pas de sa sexualité un étendard ou une identité absolue, Leo Varadkar séduit par ses projets politiques. Incarnation du politicien modèle, il met un point d’honneur à départir sa fonction publique de sa vie privée.

 

« Je ne suis pas un politicien métisse, ni un politicien médecin ni un politicien gay, d’ailleurs. Ce sont des parties de moi, elles ne me définissent pas, je suppose qu’il s’agit seulement d’une partie de mon personnage « , déclarait-il au Guardian au lendemain de son coming-out.

« Ce sont des parties de moi, elles ne me définissent pas. »

 

 

Le futur Premier Ministre insiste toutefois sur l’espoir engendré par son accès à cette haute fonction. Pudique mais ému, il a déclaré au Irish Times au lendemain du vote parlementaire qu’au regard de son parcours qu’il qualifie d’ » improbable », « tout enfant peut comprendre qu’aucun poste n’est inaccessible ».

 

Ainsi optimiste et discret, Leo Varadkar apparait comme un dirigeant à l’image de l’inclusion des minorités. À l’heure des populismes fondés sur l’animosité envers la différence, à l’heure de la peur et de la défiance à l’encontre de certaines communautés, Leo Varadkar apparaîtra donc à partir du 12 juin comme le trèfle à 4 feuilles dont l’Europe a besoin.

 

 

 

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