Netflix, le divertissement militant.

En l’espace de 4 ans, la plate-forme de streaming Netflix a pris le contrôle de notre quotidien. Binge-watching accru, productions originales multipliées…  L’annonce récente de la fin prématurée de...

En l’espace de 4 ans, la plate-forme de streaming Netflix a pris le contrôle de notre quotidien. Binge-watching accru, productions originales multipliées…  L’annonce récente de la fin prématurée de Sense8 a même manqué de causer une vague de suicides sur les cinq continents. Toujours est-il que peu à peu, l’air de rien, Netflix Originals présente la différence, fait reconnaître l’autre et apparaît comme un modèle de tolérance LGBT. La preuve par trois.

 

 

Hernando (g.) et Lito (d.) Sense8

 

Netflix l’a bien compris, les gays ne sont pas que les folles de « Queer as folk » (2000) où les amoureux trop parfaits et acceptés de  » Dawson « . Non, il n’y a pas de « personnage gay » en tant que tel, et leur homosexualité à proprement parler n’est parfois (souvent) pas matière à débat. Dans Riverdale, le fils adolescent du Shérif est ouvertement gay, embrasse aussi naturellement que ses potes hétéros, et personne n’en fait grand cas.

La plateforme de streaming souligne ainsi au jeune public de cette teen-séries par ailleurs stéréotypée (à dessein ou non, voir le trailer) que l’homosexualité ne peut plus, en aucun cas, faire figure de cliché.

 

L’HOMOSEXUALITÉ NE PEUT PLUS, EN AUCUN CAS, FAIRE FIGURE DE CLICHÉ.

 

 

Les femmes ne sont pas non plus en reste. Malgré la Palme d’Or de « La Vie d’Adèle » ou le succès de « the L World » (contemporain lesbien de « Queer as Folk »), il semblerait que le mal qui touche la communauté depuis tant d’années soit la sous-représentation plutôt que la caricature.

Or Netflix a fait un pari, et un pari gagnant : « Orange is the New Black ». En l’espace de 5 saisons (la 5ème sort après-demain, voir le trailer), cette série créée par Jenji Kohan (Weeds) a brisé tout carcan dans un huis clos carcéral. Avec un casting à 80% féminin et une représentation équilibrée du prisme des communautés américaines, OITNB souligne subtilement à quel point l’amour entre femmes n’est ni une phase, ni un pis-aller et ne connaît ni origine sociale, ni couleur de peau. Questionnant également la bisexualité comme les questions auxquelles est confronté un couple de la rencontre à la rupture (si rupture, soit souvent), cette série offre une réflexion aussi novatrice que nécessaire sur une communauté encore peu considérée.

 

Orange is the New Black

 

Enfin, malgré un progrès non négligeable ces dernières années, la question du genre et la reconnaissance de la transsexualité dans l’offre de streaming est un bond en avant dans la représentation des individus transgenre. Si la réflexion n’allait pas plus loin que le choix des toilettes du lycée dans « Glee », la diversité des individus transgenres est reconnue et promue dans les oeuvres que Netflix propose.

Si le rôle de Laverne Cox dans OITNB a valu un dossier au TIME magazine (cover ici) sur la question, « Sense8 » des soeurs Wachowski (anciennement frères) présente un personnage transgenre, Nomi, une blogueuse amoureuse qui lutte contre les principes conservateurs d’une part de son entourage. Et encore une fois, Netflix démontre par ce même biais que la compassion, l’affection et le processus d’identification dans une fiction peuvent tout à fait se départir du sexe du personnage.

NETFLIX DÉMONTRE (…) QUE LA COMPASSION, L’AFFECTION ET LE PROCESSUS D’IDENTIFICATION DANS UNE FICTION PEUVENT TOUT À FAIT SE DÉPARTIR DU SEXE DU PERSONNAGE. 

 

Allez, sur ce, il est l’heure de retourner découvrir une autre série aussi addictive que constructive qui empêchera toute forme de sociabilité pour les 72 heures à venir.

Et dans l’attente que la catégorie « films gays et lesbiens » sur Netflix ne soit même plus nécessaire, #LibérezSense8

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