ESTEROS de Papu Curotto, Quand j’étais petit, je vous aimais

Cet été, évadez-vous dans le désert argentin avec une magnifique romance, aussi tendre que sensuelle. Lorsque le temps de l’enfance refait surface, il n’y a plus de place pour...

Cet été, évadez-vous dans le désert argentin avec une magnifique romance, aussi tendre que sensuelle. Lorsque le temps de l’enfance refait surface, il n’y a plus de place pour les faux-semblants…

Ca parle de quoi ? Jero, parti faire carrière loin de chez lui, revient au pays pour des vacances de quelques jours, accompagné de sa petite amie. A son arrivée, il retombe par hasard sur Matias, son ami d’enfance, le complice de ses jeux et gardien des mêmes souvenirs que lui. Cette rencontre va bouleverser le séjour du couple et ramener Jero dix ans en arrière, à l’époque d’une totale liberté, qu’il a conservé en secret au fond de son cœur. Et si l’amitié de l’époque était en réalité autre chose que de l’amitié ?…

Esteros est un film brillant de justesse, qui reflète comme par l’autre bout d’un télescope, des désirs enfouis en chacun de nous. Filmée avec pudeur et racontée avec grâce, l’histoire de Matias et Jero résonne dans l’inconscient collectif. Cela va même au-delà de la sexualité. De telles amours peuvent fleurir dans le cœur de n’importe quel être humain. Parfois, comme par le fruit du hasard, des histoires merveilleuses arrivent, des visages ressurgissent du passé, des voix se rappellent à notre oreille. Des lieux aussi. Car ici la nature donne le ton. Les Esteros, sorte d’éden argentin, de larges étendues d’eau, une végétation de marécage, le sable et la boue, et les éléments, le vent, la pluie, la chaleur étouffante, le soleil diurne, le froid nocturne. Encore des expériences universelles. Nous avons tous dans la mémoire de notre esprit, mais aussi de notre corps, des lieux qui sont restés gravés, des senteurs, des sensations. Une maison. Un pays. Là où il y avait des vacances et des jeux, la liberté d’enfant, jamais retrouvée. Une certaine manière qu’avait le soleil de nous éclairer.

Tout ceci ressurgit pour l’un des héros, et le ramène aux sensations d’alors. Alternant les deux temps – on bascule sans cesse entre le passé et le présent – Papu Curotto nous rappelle que pour l’amour il n’y a pas de temps. Que dans le désert de nos cœurs, symbolisé ici par le désert naturel, notre enfance est intacte, l’amour est conservé.

Et puis il y a l’adulte que nous sommes devenu. Celui qui sait le désir. Qui déchiffre les codes. Qui comprend. En choisissant ici de mettre en scène deux personnages diamétralement opposés – l’un a accepté sa sexualité et l’assume totalement, tandis que l’autre l’a niée et s’est réfugié dans une vie de faux-semblants, en couple avec une femme – le réalisateur joue à nouveau la carte de la symbolique, pour illustrer la lutte intérieure qu’endurent ceux qui se mentent à eux-mêmes.

Mais avant tout, et par-dessus tout, Esteros est un film d’amour. Une authentique, tendre et touchante histoire d’amour.Universel, donc, et intemporel, ce film n’aura rien perdu de sa puissance dans cinquante ans, tout comme la chanson qui m’a inspiré le titre, que chantait Charles Trenet dans les années 30 : « Quand j’étais petit, je vous aimais, sans rien vous dire, mais à présent, dans ma chanson, vous trouverez ,tous les aveux, les souvenirs, et tous les rêves qui soupirent, tous les projets, tous les serments, tous les romans… »

Esteros De Papu Curotto

Avec Ignacio Rogers, Esteban Masturini, Renata Calmon

Argentine, Outplay, DVD déjà disponible

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