Stéphanie Hochet, l’animal et son biographe, thriller Mythologique

Une romancière est invitée à un festival littéraire en province, rien de très extraordinaire là-dedans. Mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur qui nous embarque dans un...

Une romancière est invitée à un festival littéraire en province, rien de très extraordinaire là-dedans. Mais c’est sans compter sur le talent de l’auteur qui nous embarque dans un récit où, telle une proie prise au piège, l’on n’a d’autre choix que de poursuivre sa lecture. Pour son 12ème livre, Stéphanie Hochet a concocté un suspense psychologique puissant, qui continue d’agir longtemps après la dernière page tournée. Nous avons rencontré celle qui se cache derrière tout ça.

Comment envisagez-vous votre travail ?

Ce que je veux faire c’est à la fois être fluide et emmener mon lecteur dans des univers qui peuvent être très particuliers. La lecture ne sera pas difficile mais les idées seront peut-être un peu plus complexes. Il faut creuser…

Votre personnage principal est une romancière, y a-t-il de vous en elle ?

Pour la première fois je dis je, et oui ce personnage est proche de moi. Je l’ai dotée d’un caractère similaire au mien, mais lui ai volontairement donné des comportements et des goûts que je n’ai pas, afin de me sentir à l’aise, qu’il y ait une distance.

Quel est l’enjeu du livre ?

Ce dont je voulais parler ici c’était de la symbolique de l’animal, en faisant allusion à ce qu’il a été à une époque de notre histoire. Quelque chose qui n’est plus dans notre esprit, pourtant il y a très longtemps l’animal a été un dieu pour nous. Je voulais remettre un thème ancestral dans une forme de modernité. Etrangement, cela coïncide avec une sorte d’éveil de l’animal dans la littérature. Et ça me plait, de penser qu’il y a tout un continent qu’on n’a pas voulu voir, et tout à coup on découvre une grande richesse du côté de tous ces êtres vivants. Il y a tellement à écrire sur eux ! Aujourd’hui ce sont des victimes, et justement, je ne voulais pas percevoir l’animal comme la victime qu’il est, mais revenir à la mythologie. Malraux a dit Le 20eme siècle sera religieux ou ne sera pas, eh bien pourquoi ne pas imaginer que le 21ème siècle sera mythologique ou ne sera pas, et que l’animal redeviendra le dieu ? C’est une idée que je trouve extrêmement séduisante.

Quant à l’emprise psychologique ?

C’est un sujet important à traiter, parce que ça peut arriver à tout le monde. On croit pouvoir dire d’une personne qu’elle ne peut être sujette à ça, mais c’est faux, lorsqu’on est faible, isolé, en détresse, évidemment qu’on peut être manipulé Même les personnalités fortes, il suffit de les isoler, de les mettre en état de faiblesse, et c’est possible.

Dans plusieurs de vos livres vos personnages ont une sexualité ambigüe, et forcément ça nous intéresse…

Oui, c’est vrai, il y a dans mes romans des personnages ambigus sexuellement ou dont on ne connait pas la sexualité. Dans Les Ephémérides*, une prostituée a une liaison avec une femme. Dans Je ne connais pas ma force**, un adolescent 15 ans a des comportements de séduction avec des garçons. Dans Un roman anglais*** un jeune homme nurse, androgyne, séduit plusieurs personnes d’une même famille. J’aime beaucoup parler des ambiguïtés, là encore il y a tout un continent.

**Fayard 2007

*Rivages 2012

***Rivages 2015

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