Where Horses Go To Die , Antony Hickling, Sexe, Art & Poésie

Where Horses Go To Die, en sélection officielle dans plusieurs grands festivals – dont Chéries, Chéris et L’Etrange festival – sort enfin en DVD. On a marqué l’occasion par...

Where Horses Go To Die, en sélection officielle dans plusieurs grands festivals – dont Chéries, Chéris et L’Etrange festival – sort enfin en DVD. On a marqué l’occasion par une petite rencontre…

Un cinéaste « éroticonirique ». Antony Hickling – qui par ce 3ème long-métrage s’est imposé comme l’un des réalisateurs queer les plus en vue – a fait du chemin depuis Little Gay Boy (2013), déjà une belle claque cinématographique. Avec Where Horses Go To Die, il passe encore une étape, ajoute de la comédie à sa poésie, et continue d’explorer les pulsions ambigües de ses contemporains. Manuel Blanc, fidèle compagnon de travail, y interprète un double rôle dont celui de Manuela, femme transgenre. Interview croisée du réalisateur et de son comédien :

Trois films ensemble, on imagine que vous êtes plus que des collègues…

MB : On est amis, bien sûr ! Antony aime construire, et ça me met en confiance. Mais travailler avec un ami ou avec des proches c’est aussi un challenge, car tu te dis : faut le surprendre, et c’est pas évident de bluffer quelqu’un qui te connait bien…

AH : J’aime l’idée de la troupe, j’aime imaginer un acteur dans différents rôles. En tant que réalisateur, je veux voir le comédien évoluer dans son jeu, c’est un échange permanent. De toute manière il n’y a que comme ça que je conçois mon travail. Je suis avec un artiste, je suis artiste, voyons ce que ça donne…

Manuel, les rôles que tu interprètes sont parfois difficiles, te poses-tu des questions par rapport à ton image ?

Non. Jamais J’aime le travail d’Antony, point.

Antony demande à Manuel  : Mais tu ne t’es jamais posé cette question par rapport à ta carrière ? Les rôles de gay, ou là de femme… ?

Non, il y a le plaisir de bosser ensemble, et ça pour moi c’est beaucoup plus fort que toutes ces questions de carrière, d’image. Et puis je pense que travailler sur ces thématiques-là m’a aidé à passer un cap par rapport, justement, à toutes ces questions.

Antony, pourquoi avoir imaginé Manuel en femme transgenre ?

Sur ce projet, j’avais Manuel en tête depuis le départ, et je pense d’une certaine manière que ce rôle je l’ai écrit en partie influencé par ce qu’il vivait, me disait, sur ses questionnements, tout ça a fusionné et fait naitre Manuela, avec sa jolie perruque blonde (rires)…

Et toi Manuel, comment l’as-tu vécu ?

C’était un kif ! De travailler ça. J’ai un peu étudié auprès de travestis. Enfin, quand même, la première fois que je me suis retrouvé en jean avec des talons, je me suis dit : putain c’est pas gagné ! D’arriver à faire sortir la féminité sans tomber dans la caricature, et que ça devienne naturel… Mais dès que j’ai fait les essais maquillage et costumes, d’un coup il s’est passé un truc, tout était évident, tout était simple, mon appréhension pschitt ! envolée, et le personnage se libérait, Manuela était là. Pour dire, c’était tellement naturel que je n’enlevais même pas mes talons entre les prises !

Antony, qu’est-ce qui t’a donné le déclic de faire du cinéma ?

Les maîtres. Derek Jarman d’abord, et Pasolini, Buñuel, John Waters… Toute la culture queer.

Where Horses Go To Die

Antony Hickling – 67min – Optimale

Prix et festivals

SELECTION OFFICIELLE Chéries Chéris LGBT Film Festival

SELECTION OFFICIELLE L’étrange Festival Paris

SELECTION OFFICIELLE Zinegoak Queer Lisboa Film Festival

SELECTION OFFICIELLE Mix Mexico

Vous aimerez aussi :