CSA : Hanouna sanctionné, l’intelligence condamnée.

Le « verdict » est tombé. Pour TPMP, ce seront trois semaines privés de publicité. Alors que plusieurs annonceurs les ont déjà quitté, vous pourrez assister à une émission aussi drôle...

Le « verdict » est tombé. Pour TPMP, ce seront trois semaines privés de publicité. Alors que plusieurs annonceurs les ont déjà quitté, vous pourrez assister à une émission aussi drôle qu’enrichissante, deux heures quotidiennes d’enseignement du respect sans même de réclame. Hier Cyril Hanouna a réagit. Comment ? À sa façon. Décryptage.

Hier soir, Cyril Hanouna adresse enfin un message (qui se veut) sérieux quant à la polémique. Premier résultat Google dès lors qu’on inscrit les mots clés « TV homophobe », le roi de C8 et vizir de Bolloré ne semble plus à son coup d’essai en matière de victimisation de lui-même.

 

« Y A UN TRUC QUI ME CHOQUE UN PEU… » Déclare-t-il en préambule.

 

Pourtant cette fois, il n’y aura pas coupé. Canular téléphonique de trop ou réaction amplifiée ? L’affaire « Refuge » de Cyril Hanouna se complexifie à mesure qu’on y fouille ; mais le CSA a tranché sur celles d’avant. Pour l’organisme, c’est la répétition des plaintes qui mène à la sanction. Pas de pub, donc perte d’argent pour sanctionner le dérapage. Et dans la réaction, alors que certains de ses chroniqueurs comme Enora Malagré ont déjà quitté le navire avec dignité, Hanouna fait encore ce qu’il sait faire de mieux, apitoyer, se faire passer pour la victime.

 

 

Oui, celui-ci doit penser sa défense parfaite lorsqu’il déclare/se lamente qu’il aurait préféré que les « 5 à 6 millions d’euros » estimés quant aux pertes soient reversés à des associations, qu’il fasse la charité. On notera que dans son énumération d’associations (3) auxquelles auraient pu être reversées cette somme, pas une seule ne fait référence à la lutte contre l’homophobie ni aux droits des LGBTQ : «  aux Restos du coeur, aux Anges de la rue, à des gens qui sont dehors. » Des gens qui sont dehors… Ceux qui se font mettre dehors et doivent trouver « Refuge » ? Pour des plaintes à propos d’une humiliation publique sur l’un des chroniqueurs et une atteinte à l’intégrité du corps féminin sur le dernier semestre de l’année passée, cela semble assez déconnecté….

 

Ah, mais on me fait signe que non… Ah, On me dit dans l’oreillette que la chroniqueuse Isabelle Morini-Bosc a une allocution à faire…Ah… Ladite chroniqueuse décide d’en rajouter une couche en désignant de la main un jeune en fauteuil roulant dans le public, isolé comme il faut. La caméra est prête pour décupler le chagrin et la pitié. Et allez, hop, gros plan sur un handicapé, bien mis en avant, que les gens voient bien comme il est différent. Manquerait plus qu’il bave un peu et le tour est joué.

 

 

« C’EST UNE SOMME COLOSSALE, IMAGINEZ TOUT CE QU’ON AURAIT PU FAIRE AVEC » Déplore le présentateur.

 

 

Car surtout, il faut que « les petites beautés » voient bien leur caution morale parce qu’eux, ils font des cadeaux, eux ils prônent la différence, et puis ils rigolent fort et gras sur tout. Des gens bien qui savent vivre.

Si ce court extrait de l’émission peut donner des envies de se mettre la tête dans le micro-ondes en moins de deux, l’illusion s’écroule tout aussi vite. Car avec cette réaction digne du pire de la télé, Hanouna fait de lui le martyr de sa propre faute, la victime de sa propre intolérance. Sans un mot sur ceux que son humour douteux visait initialement, il parvient à balayer la légitimité des plaintes posées, le CSA et son autorité, et se permet même de multiplier les attaques personnelles contre son dirigeant Olivier Schrameck.

 

HANOUNA FAIT DE LUI LE MARTYR DE SA PROPRE FAUTE, LA VICTIME DE SA PROPRE INTOLÉRANCE.

 

 

Doit-on rappeler qu’une sanction n’a pas pour visée son réinvestissement immédiat mais avant tout une réparation pour un préjudice causé ? Quel préjudice ? Sans doute celui que le bon Samaritain du PAF tente de nous faire oublier… Et que nous saurons toujours lui rappeler. Car à crier à l’acharnement ou à tout rapporter à l’argent, c’est vouloir passer sous silence ces intolérances qui font que la bataille pour le respect de la différence. C’est faire croire à s’y méprendre que l’affaire est enterrée, et penser son audience assez amnésique pour oublier les canulars plus récents. Et si un canular chasse l’autre, la bataille est loin d’être gagnée d’avance. À mesure que le CSA prépare son verdict (on l’espère), rappelons nous que « Ce n’est pas la chute qui compte, mais l’atterrissage. » À quand l’atterrissage ?

 

 

 

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