Massacre d’Orlando, l’homophobie et le rejet post-mortem 

Il y a un an, jour pour jour, le Pulse était le théâtre d’un massacre homophobe. Le 12 juin 2016, 50 personnes perdaient la vie sous les tirs de...

Il y a un an, jour pour jour, le Pulse était le théâtre d’un massacre homophobe. Le 12 juin 2016, 50 personnes perdaient la vie sous les tirs de l’assaillant. Un an après la tuerie, un père n’a pas réclamé le corps de son fils parce qu’il était gay. Aucune cérémonie, aucune pierre tombale, comme si ce jeune homme n’avait jamais existé. 

 

Pour certaines familles, l’attente fût une torture sans précédent, plus de 24h d’angoisse et de panique pour obtenir des nouvelles d’un proche, présent ce soir-là. La blessure est loin d’être guérie. Selon The Advocate, le corps d’une des victimes n’a jamais été réclamé. Entre choc et drame national, le père de la victime n’a toujours pas accepté. Non pas la mort de son enfant, mais son orientation sexuelle.

« Que faisait notre fils dans ce club avec cet homme? »

Pas de réclamation, pas de funérailles, pas de cérémonie, pas de pierre tombale, pas de lieu pour commémorer sa mémoire. C’est un peu comme s’il n’avait jamais existé. L’histoire du rejet de ce fils homosexuel continue de remuer des sentiments bien familiers de la communauté LGBT.

Maria Padilla, journaliste sur le site Orlando Latino, cherche des explications. Selon elle, la tuerie met sur le devant de la scène des stigmates sociaux qui empoisonnent les familles conservatrices de Porto Rico, d’où était originaire la victime. Aucun nom ne sera divulgué. Ni celui de l’homme dont le corps n’a pas été réclamé, ni le nom du père, afin de ne pas exposer à nouveau la famille.

Patty Sheehan, commissaire à Orlando, n’a pas cessé de répondre aux questions des familles des victimes, et plus particulièrement sur l’orientation sexuelle, devenue un sujet dominant. De nombreux parents lui ont ainsi demandé « Que faisait notre fils dans ce club avec cet homme? ».

L’homosexualité est taboue dans la communauté porto-ricaine, une grande partie des personnes tuées dans ce club étaient issues de la communauté porto-ricaine de la ville:

« En Amérique latine, l’homosexualité n’est pas acceptée », affirme la commissaire. « Il y a beaucoup de machisme. Différents niveaux de pression en découlent ». Patty Sheehan

 

La commissaire n’en reste pas moins surprise qu’un père refuse de réclamer son propre enfant. Après des recherches, elle a découvert que l’homme n’était pas au courant de l’homosexualité de son fils.

Finalement, c’est la sœur qui a décidé de se présenter aux autorités pour accepter le corps de son frère disparu.

 

La ville d’Orlando a promis que toute victime du Pulse serait enterrée ou incinérée, si nécessaire, au cimetière de Greenwood, propriété de la ville.

« Ils ne voulaient pas faire de cérémonie car il était gay », a raconté la mère sur CNN. 

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