VIDEO GA(y)MES : LE JOYSTICK EST-IL FRIENDLY ?

Le jeu vidéo, industrie culturelle des plus florissantes, peut malgré tout apparaître comme l’une des moins friendly. Les insultes homophobes sur les chats de certains jeux vont bon train,...

Le jeu vidéo, industrie culturelle des plus florissantes, peut malgré tout apparaître comme l’une des moins friendly. Les insultes homophobes sur les chats de certains jeux vont bon train, et il vaut mieux rester discret lorsqu’on est un gamer gay. Pour autant, les avancées se font doucement mais sûrement. Historique d’un loisir controversé.

 

Boom nippon de la décennie 80, l’industrie du jeu vidéo n’a cessé de s’étendre et de se ramifier. Et pourtant, malgré une consommation équivalente entre les hommes et les femmes, la narration des jeux vidéos n’a jamais semblé satisfaire que les fantasmes hétéros masculins. Si les personnages principaux sont massivement des hommes, ce n’est que le fantasme masculin de la bimbo (si possible lesbienne) qui a permis de voir assez tôt l’émergence de personnages féminins.

 

EN 1995, LE TERME « HOMOSEXUEL » FAIT SA PREMIÈRE APPARITION DANS UN JEU VIDÉO

 

En 1995 le terme « homosexuel » fait sa première apparition dans un jeu vidéo. Le héros de The Orion Conspiracy (développé par Divide By Zero) y apprend l’homosexualité de son fils. Pour autant, la représentation gay sur ces consoles maintenant vintage peine à paraître comme un progrès : les gays sont caricaturés (voix haut perché, efféminés), les hétéros travestis sous la contrainte (pour s’échapper lors d’aventures) et les femmes, lesbiennes ou non, sont une réification fantasmée pour amateurs refoulés d’hentai.

 

(Attention spoilers : Zelda, c’est pas le personnage mais la Princesse/sa chérie qu’il doit sauver)

 

Les thèmes des jeux plus récents, toujours assez « genrés » ( avec la Sainte Trinité : Guerre, Foot et Cassage-de-Gueules) n’ont pas semblé faire la part belle à la diversité. La palme LGBTQ revient toutefois aux Sims dont chaque personnage, dès le premier sorti en 2000, fait c’qui lui plait. Tout le monde y est potentiellement gay ou bi !

Néanmoins, la clientèle semble assez segmentée sur ce marché et le développement des Chats simultanés (comme celui des Call of Duty) a permis d’observer un florilège d’insultes et de considérations discriminatoires dans d’autres jeux. Un mal(e) pour un bien à en croire les développeurs, puisque ces commentaires homophobes auraient tiré la sonnette d’alarme.

 

POUR LES DÉVELOPPEURS, LES COMMENTAIRES HOMOPHOBES AURAIENT TIRÉ LA SONNETTE D’ALARME.

 

 

Et depuis, au-delà d’une ligne indépendante et militante de mini-jeux vidéos comme SUCCULENT ou WHEN A MAN LOVES A CAR,  de gros groupes ont fait le pari d’inclure des personnages gays sans (trop) les définir par leur sexualité : Rockstar Games a inclus un mafieux gay – Gay Tony le bien-nommé – dans les missions du dernier GTA et la romance entre hommes ou femmes est même désormais envisageable, comme dans Dishonored 2 (2016) ou Night in the Woods (2017). Par ces scénarii novateurs et cette belle évolution, ce sont des millions de pixels de plus en plus tolérants qui s’assemblent sous nos pouces.

 

Mass Effect 3 

 

Alors à tous les Sexy Nerds : à vos joysticks, prêts, jouez.

 

 

 

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