Le Dépôt, Le Sun City : Deux définitions du Plaisir Parisien.

Institutions du Milieu gay parisien, Le Dépôt et le Sun City sont deux établissements aussi célèbres que voisins. Récemment repensés sous la tutelle d’un nouveau directeur artistique, Michel Maux, ce...

Institutions du Milieu gay parisien, Le Dépôt et le Sun City sont deux établissements aussi célèbres que voisins. Récemment repensés sous la tutelle dun nouveau directeur artistique, Michel Maux, ce dernier nous présente Le Sun et le Dépôt, version 2.0.  

Propos recueillis par Léo.  

En trois mots, comment décririez-vous vos établissements ? Comment les différencier ? 

Pour les deux, je dirais avant tout « Sexy » ; J’aime ce terme. Pour le Sun, je dirais également « chaud » et « sportif ». Pour le dépôt, « sexy » donc, puis « club » et « festif ». 

Club sec pour l’un, sauna pour l’autre, ce n’est pas vraiment la même offre, même si elles restent proches.  

En quoi le Dépôt sest-il réinventé depuis votre arrivée ? 

Le Dépôt existe depuis 19 ans, il s’agissait avant tout de repenser l’espace. Avant, c’était un espace Backroom. Les gens venaient chercher du sexe. Maintenant, c’est un lieu de clubbing à part entière. On a fait la part belle aux DJ. La déco a complètement changé… On a dû faire de grands travaux ! Carrelages du sol au plafond, climatisation… On ne parle plus d’espace cruising mais de play areas (littéralement : aires de jeux, ndlr.) On a clairement fait une croix sur sa conception années 90, qui ne marche plus. 

Et le Sun ?  

Le Sun dispose déjà d’une très forte identité. Vieux de 10 ans, on a modernisé : mise aux normes handicapées, agrandissement de la piscine, du sauna… Quant à l’entretien, on a clairement augmenté les effectifs sur les deux lieux, présents 24/24, 7j/7. 

Vous sentez-vous, par vos établissements, investi dune mission LGBTQ ? 

« Mission » est un mot fort, plus adéquat pour la part associative. Néanmoins, notre mission, pour un lieu où « on se lâche », c’est de responsabiliser la clientèle. Rappeler qu’il faut se protéger, tout faire pour que les prises de risque soient évitées. Après, chacun fait c’qui lui plaît… En tout cas, nous sommes là pour assurer la sécurité du client et permettre à tous de se libérer pleinement.  

Et puis, en tant que DA, ma mission est de proposer de belles choses. Ce n’est pas parce que l’on vend du sexy qu’il ne faut pas éviter le vulgaire. J’accorde une part primordiale à la suggestion, au « teasing », à la création du désir même. 

À lheure de Grindr, Tinder… Quelles sont les originalités du Dépôt pour un sex-club ? Celles du Sun pour un sauna ? 

Nous, c’est « 100% réel », tu vois ce que tu as. Contrairement aux applis où tu fantasmes sur des photos parfois mensongères ou trafiquées, chez nous c’est impossible. Tu concrétises si tu le souhaites, tu vogues où bon te semble et pas de place pour les faux-semblants. 

« Show Must Go On » : Quelle approche avez-vous du Show ? 

Chaud ou Show ? (Sourire) Ce sont des lieux de promiscuité, donc au Dépôt, lors des shows, nos performers doivent obligatoirement se protéger. Après, ce sont le plus souvent des porn-stars, donc plutôt des Show chauds… Pas besoin d’un dessin (Rires). Dans l’espace clubbing, c’est plutôt du chant, du disco-clubbing.   

On met en avant le jeu, le frais ; Le show doit rester « porno-chic » lors de thématiques plus sexy. 

Vos établissements souffraient parfois de commentaires négatifs sur la toile, particulièrement en matière dhygiène. Quelles évolutions ?  

Les deux lieux, et surtout le Dépôt, ont dû faire face à pas mal de bashing. Les légendes urbaines vont parfois bon train, mais il y a un progrès certain. Le Dépôt est un plaisir coupable qui s’assume de plus en plus. Et puis cela relève de l’intime, c’est aussi normal qu’on entende moins cette majorité silencieuse.  

Pour toujours plus d’hygiène, tout est à disposition : papier, sprays, gel hydro-alcoolique si un optimum immédiat est impossible certains soirs. Ce n’était pas le cas avant. Et, bien sûr, préservatifs, lubrifiant et tests de dépistage sont fournis.  

Au regard de limminente Gay Pride, quel élan projetez-vous pour vos établissements ?  

Le Dépôt était comme laissé à l’abandon quand je l’ai récupéré. Il a d’abord fallu le réconcilier avec son côté sexe. En trois mois, c’était chose faite. Désormais, on le réconcilie avec son côté clubbing. Alors oui, un imaginaire de Nuits Fauves persiste dans l’esprit parisien. Pour autant, c’est un lieu de libération des fantasmes et non de débauche. Chacun peut se sentir à l’aise, et toutes les sexualités sont possibles (Fetish, Bears, …) 

Mon mot d’ordre tiendrait ainsi en la phrase de Coco Chanel : « Il faut beaucoup de sérieux pour réussir le frivole. »  

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