Israël : NOT SO GAY !

Israël a cette image d’eldorado gay qui lui colle à la peau, ce pays aux yeux du monde semble si gayfriendly, mais l’est-il vraiment ? À l’heure ou la gay...

Israël a cette image d’eldorado gay qui lui colle à la peau, ce pays aux yeux du monde semble si gayfriendly, mais l’est-il vraiment ? À l’heure ou la gay Pride a su rassembler plus de 35 000 curieux étranger, venus célébrer en chœur la cause LGBT, la question se pose de savoir, si sous cette image lisse et accueillante, Israël est vraiment gayfriendly ou si ce n’est qu’un simple coup de marketing assené par le gouvernement. Zoom sur la terre promise où il ferait apparemment bon vivre pour la communauté LGBT.

H comme Histoire.

À la fin du XIXe siècle, le grand projet de foyer national juif voit le jour. Ce projet, issu d’intellectuel sioniste a pour but de retrouver un territoire ou pourrait s’établir la communauté juive mondiale et la faire prospérer. Certains idéologues tel que Théodor Herzl sont préoccupés par la question de la masculinité. Il émane une vraie volonté de rendre leur « virilité » perdue aux Juifs. D’après Herzl, l’établissement de la communauté en « Terre sainte » va permettre un retour aux activités liées à la terre. Activité alors exclue par les Juifs d’Europe de l’est, plus tournés vers la prière et sur la vie intérieure. Ils doivent devenir des paysans en bonne forme physique. En 1948, à la proclamation de l’État d’Israël, la volonté de « virilisation » de la communauté juive est toujours présente. Deux institutions vont s’y atteler. D’un côté, les Kibboutz, ces villages collectivistes dédiés aux activités agricoles. De l’autre, Le Tsahal, soit l’armée nationale, où les hommes effectuent un service militaire de 3 ans. Avant que le Tsahal ne s’affiche ouvertement gayfriendly il y a quelques années, ces deux institutions étaient officiellement peu ouvertes aux homosexuels. Face à cela, la question se pose de savoir comment un pays si peu enclin à accueillir la communauté homosexuelle il y a quelques années puisse aujourd’hui rameuter plus de 35 000 étrangers à Tel Aviv pour la Gay Pride…

Tel Aviv, un microcosme.

Tel Aviv a un statut particulier au sein du pays. C’est à l’origine une ville administrative, peu attractive. C’est vers la seconde moitié du XXe siècle que l’image de la ville mue. La ville se transforme à mesure que la gentrification se fait. Ce qui attire, c’est le prix relativement bas des logements, son bord de mer, sa vie artistique et intellectuelle grandissante. C’est à cette période que les premiers gays s’installent dans la ville. C’est la naissance de la communauté gay de Tel Aviv. La forte croissance économique des années 2000 permet l’émergence d’une classe urbaine moderne, jusqu’alors inexistante. Cette évolution a aussi permis l’éclosion de lieux dits « branchés », comme des bars, des hôtels, des restaurants et des boites de nuit. Notamment des lieux LGBT, ce qui a fortement aidé la communauté homosexuelle de la ville encore timide, à sortir du placard et à s’épanouir ouvertement. Tel Aviv représente une bulle de tolérance très relative à l’échelle nationale.

Séduis-moi.

En 2009, le constat des responsables israéliens est sans appel. Le pays n’attire pas les touristes, cela est notamment dû à l’image que le pays s’est vu attribuer face à la seconde intifada (2002-2004), à l’évacuation des colons juifs de Gaza (2005), ou à l’opération Plomb Durci (2008) qui lui ont créés une image de pays en guerre. Loin d’être une destination de vacances tendances, le large patrimoine culturel que le pays peut offrir est boudé par les touristes. Pour remédier à cela et inverser la tendance, le diplomate Ido Arahoni et la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni, mettent en place une grande campagne de communication sous le nom : « brand Israël », tout en mettant en avant Tel Aviv. Pour la campagne de communication, il est décidé de mettre la lumière sur deux aspects qu’offre le pays. Le high-tech et l’image gay-friendly de la ville de Tel Aviv. Plus de 80 millions d’euros d’investissements sont mis en œuvre. La stratégie est assurée par Outnow, célèbre cabinet de communication Hollandais spécialisé dans le LGBT. Les autorités Israéliennes invitent des personnalités de la communauté LGBT et se rapprochent d’associations internationales qui défendent la cause homosexuelle ou lesbienne. L’enjeu de cette campagne est économique mais aussi politique, alors tous mettent la main à la pâte.

Gay-friendly mais pas trop…

Certes, Israël traite mieux la communauté LBGT que ses voisins, tels que l’Egypte qui depuis 2000 a considérablement durci la répression des populations LGBT. De vrais combats ont pu être menés à bien pour les droits des homosexuels. Mais l’homophobie reste présente. une étude réalisée en 2012 a révélé que 52 % des jeunes gays et lesbiennes sont victimes d’agressions verbales, 25 % d’agressions physiques et 10 % d’agressions sexuelles. L’homophobie est donc encore largement présente dans ce pays religieux où, selon un sondage fait en 2015, 46 % des israélien voient l’homosexualité comme perverse. Il semblerait donc, que hors du microcosme de Tel Aviv, il ne fasse pas si bon vivre pour les LGBT sur la terre sainte…

 

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