LGBT VS Russie

  Trois activistes LGBT ont réussi à force d’acharnement et de persévérance, à faire condamner la Russie devant la Cour européenne des Droits de l’Homme. L’ami de la communauté...

 

Trois activistes LGBT ont réussi à force d’acharnement et de persévérance, à faire condamner la Russie devant la Cour européenne des Droits de l’Homme. L’ami de la communauté LGBT, Vladimir Vladimirovitch, perd la bataille sur la loi anti « propagande-gay ». Grace à eux, toute personne touchée par cette loi, aura désormais le droit de saisir ce jugement pour se défendre. C’est une première victoire, 4 ans exactement après l’adoption, par la Doura, de la loi anti « propagande-gay ». Le chemin reste encore long et certainement embusqué pour gagner la guerre contre l’homophobie d’état de Vladimir Poutine.

Trois hommes contre une seule homophobie.

En mars 2009, Nikolay V.Bayev, citoyen russe, a été condamné à une amende pour sa responsabilité dans une « action publique promouvant l’homosexualité auprès des mineurs », il faut savoir que l’homosexualité est interdite dans la région sud-est de Moscou depuis 2008. Nikolay V.Bayev avait manifesté à l’aide de deux banderoles devant un lycée de la ville de Riazar. Sur les fameuses bannières, on pouvait y lire « l’homosexualité est normale » et « je suis fier de mon homosexualité ».

En janvier 2011, cette fois-ci, c’est Aleksey A.Kiselev et Nikolay A.Alekseyev, deux militants de la cause LGBT qui se sont fait condamner. Ils ont tenu une manifestation devant une bibliothèque pour enfant, au nord du pays, à Arkhangelsk. Même son de cloche que pour le premier militant condamné, leur pancarte prône la normalité de l’homosexualité et accuse des députés russes d’être des « tueurs d’enfants ». Ils ont tous les deux, été condamné par la même législation que Nikolay en 2009.

Après avoir fait appel, sans succès puisque déboutés, les trois militants LGBT ont décidé de se tourner vers la cour Constitutionnelle de la Fédération de Russie. Même constat que lors de leur appel, ils se heurtent à un mur. Le plus haut pouvoir judiciaire leur explique en 2013, que la loi prévenait « une impression déformée d’équivalence sociale entre les relations maritales traditionnelles et non-traditionnelles, ainsi que l’orientation des enfants vers l’homosexualité ». Suite à ce second refus, toujours en 2013, la Russie décide d’étendre sa loi anti « propagande de relation sexuelle non-traditionnelle auprès des mineurs ». La loi prévoit des amendes assorties de peine de prison à l’échelle fédérale à celui qui ne respecterait pas ladite loi.

La première victoire !

Après ces refus, les trois militants ne s’arrêtent pas et souhaitent que véritable justice soit rendue. Face à la Cour européenne des Droits de l’Homme, qui leur a donné gain de cause, la juridiction internationale a estimé que la Russie avait porté atteinte aux droits fondamentaux des trois militants LGTB. Cette condamnation est à marquer au fer blanc sur un calendrier, car c’est la première du genre. Et cette victoire n’est pas une petite victoire, car six votes contre un c’est quelque chose en soit. Les juges ont estimé qu’il y avait une violation des libertés d’expression (articles 10 de la Convention européenne des Droits de l’Homme). La Russie, se voit obligée de devoir verser 43 000 euros aux trois activistes, comme dédommagement moral. Les magistrats de la cour européenne, pointent du doigt le fait que Moscou n’a jamais vraiment pu démontrer l’influence du discours LGBT sur l’orientation sexuelle des mineurs…

Ne soyons pas dupes, le Kremlin et son dictateur…oups, Président ne tremble sûrement pas devant cette condamnation européenne, mais cela est un message d’espoir pour les militants d’autres pays,  leurs voix sont entendues et leur liberté est veillée.

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