Berlin : Quand le culte musulman se fait Femme et Friendly

  Zoom sur la foi d’Outre-Rhin. Tandis que le mois sacré du Ramadan touche à sa fin, l’avocate germano-turque Seyran Ates – figure de proue pour les droits des...

 

Zoom sur la foi d’Outre-Rhin. Tandis que le mois sacré du Ramadan touche à sa fin, l’avocate germano-turque Seyran Ates – figure de proue pour les droits des femmes musulmanes – ouvre les portes de la première Mosquée « ouverte à tous » à Berlin. Femmes, hommes, trans, hétérosexuel.le.s, homosexuel.le.s : tou.te.s pourront désormais prier ensemble, et peu importe le courant de l’islam auquel peuvent adhérer les fidèles.

 

Seyran Ates, née à Istanbul dans une famille d’origine kurde, arrivée en Allemagne à l’âge de six ans, est devenue une figure incontournable du féminisme allemand. En 2006, elle participe à la Conférence allemande sur l’Islam (mise en place afin de créer un dialogue entre l’État et la communauté de fidèles). De là lui est venue l’idée de fonder une mosquée prônant la mixité.

 

 

Prière du 16 juin 2017

 

 

Nommée Ibn-Rush-Goethe (d’après le philosophe islamique Ibn Rushd – mieux connu en Europe sous le nom d’Averroès – et de l’écrivain romantique Johann Wolfgang von Goethe, cette mosquée est pour l’instant une salle de 90 mètres carrés au troisième étage d’un bâtiment de la communauté protestante… Et un lieu sous très haute surveillance.

 

 

LE COMBAT DE SEYRAN ATES POUR LES DROITS DES FEMMES ET DES LGBT DE CONFESSION MUSULMANE EST LOIN D’ÊTRE DE TOUT REPOS.

 

 

Car un tel bond en avant ne va pas sans opposants. Si certain.e.s fidèles peuvent craindre de s’y rendre, le progressisme revendiqué de ce lieu de culte est loin d’être au goût de tou-te-s. Et si le projet de Seyran Ates a mis plus de huit ans à voir le jour, celle-ci doit également vivre sous protection policière. À cause de menaces de mort, cette imame dont le premier prêche a été effectué le 16 de ce mois avait du arrêter sa carrière. Déjà victime d’une tentative d’assassinat perpétré par son (ex) mari en 1984, « en lien avec l’extrême droite » de Turquie, le combat de Seyran Ates pour les droits des femmes et des LGBT de confession musulmane est loin d’être de tout repos.

 

 

 

L’entrée de la Mosquée Ibn-Rushd-Goethe

 

 

La seule interdiction à l’entrée de ce lieu demeure le port de la « burqa ou du niqab », interdiction justifiée par l’avocate auprès de France info pour deux motifs : « pour des raisons de sécurité, et nous croyons que le voile à visage plein n’a rien à voir avec la religion, mais plutôt une attitude politique. » Un élément qui, selon elle, s’inscrit dans une volonté d’opposition à « la terreur islamiste et au détournement de notre religion. » S. Ates prévoit également de s’inscrire à des études de théologie islamique dans la capitale allemande afin d’obtenir le titre d’imam. Elle deviendrait ainsi la première femme imam du pays.

 

 

LA MOSQUÉE NORVÉGIENNE S’APPELLERA QUANT À ELLE LA MASJID AL NISA’, MOSQUÉE DES FEMMES

 

 

Toutefois, des mosquées de la sorte préexistaient à cet établissement berlinois. Si Oslo prévoit la construction de la première norvégienne en 2017, de tels lieux de cultes musulmans existent déjà aux États-Unis, au Canada, en Belgique, en Chine… Et cet essor de « l’islam inclusif » a également lieu en France (au travers par exemple des mises en oeuvre de Ludovic-Mohamed Zahed). La mosquée norvégienne ouverte à la diversité s’appellera quant à elle la Masjid Al Nisa’, Mosquée des Femmes, soulignant dès lors l’existence légitime d’une foi ramifiée souvent victime d’amalgames et de préjugés.

 

 

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