Gay Pride : La police d’Istanbul tire sur les participants

Marcher pour leurs fiertés leur avait été interdit par les autorités. La raison officielle était les menaces de groupes d’extrême droite. Un commencement calme et serein en début de...

Marcher pour leurs fiertés leur avait été interdit par les autorités. La raison officielle était les menaces de groupes d’extrême droite. Un commencement calme et serein en début de manifestation, mais l’ambiance a vite tourné au rouge lorsque la police a eu recourt aux balles en caoutchouc pour disperser la foule.

 

La police tire sur les manifestants pour disperser la foule / Crédit Murad Sezer

 

« Sous les pavés la plage » à Paris, « sous les balles en caoutchouc les pédés » à Istanbul. Dimanche, la police turque a fait usage de balles en caoutchouc pour empêcher la parade annuelle de la Marche des Fiertés. Au centre de la ville, sur la place Taksim, les forces de l’ordre ont tiré sur une quarantaine de manifestants. Au moins 4 personnes ont été interpellées.

Une manifestation interdite

C’est la 3ème année que la Pride est interdite. Après des menaces de groupes conservateurs et ultra conservateurs, ainsi que d’extrême droite, les forces de l’ordre disaient vouloir « Préserver l’ordre public et la sécurité des touristes, des habitants, des participants »

Dimanche 25 Juin est également le jour où l’on célèbre la fin de mois de jeûne de ramadan.

«Nous n’avons pas peur, nous sommes là, nous ne changerons pas. Vous avez peur, vous changerez et vous vous y habituerez»

C’est le message que les organisateurs veulent laisser. Dans un communiqué ils ont affirmé qu’ils maintenaient l’événement.

 «La véritable raison aux réactions contre la marche, qui s’est déroulée pacifiquement pendant 12 ans, c’est la haine – Notre sécurité sera garantie en nous reconnaissant dans la Constitution, en garantissant la justice, par l’égalité et la liberté».

Une régression violente

Istanbul n’a pas toujours été répressive avec les personnes LGBT. Il y a 3 ans de cela, la Marche des Fiertés attirait des dizaines de milliers de personnes. Une Pride si attractive qu’elle en était la plus importante dans le monde musulman.

Depuis 2015, les progrès accomplis jusque-là se sont effondrés. Pour les associations cette interdiction est en cause directe avec la coïncidence de l’événement et du ramadan. Un an plus tard, en 2016, des raisons de sécurité due aux attentats des groupes de l’État Islamique ou séparatistes kurdes, avaient été évoqués.

Des interdictions bravées

Qu’importe la raison, que ce soit en 2015, 2016 ou bien cette année, les manifestants ont bravé ces interdictions. Dans le courant de la semaine dernière 11 militants ont été jugés, pour l’année 2016. Finalement ils ont été acquittés. Les années précédentes aucun incident n’était à déplorer.

Bien que l’homosexualité ne soit pas un délit en Turquie, l’homophobie y est outrageusement répandue. Le pouvoir politique n’est pas favorable à un changement de mentalité. A la tête du gouvernement, le président Recep Tayyip Erdogan est d’une famille politique Islamo-conversatrice. Le droit des gays, des femmes, ou des minorités stagnent.

Du côté de l’opposition, Erdogan est accusé de conduire le pays à une Islamisation de la société. Ses commentaires ultra conservateurs sur les femmes et leurs conditions, ainsi que la famille enflamment régulièrement la critique.

 

Les membres du gouvernement ne sont pas si différents de leur président. En 2010, la ministre de la Famille et de la Femme Aliye Selma Kavaf avait qualifié l’homosexualité de «désordre biologique» et «maladie» devant être soignée.

 

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