Faut-il se ‘PrEP’arer au pire ?

Zoom sur la saga controversée de l'été vis-à-vis de la PrEP

Mediapart a commencé à publier ce week-end un argumentaire questionnant l’usage de la PrEP. Signé Hervé Latapie (activiste gay notamment pour la lutte contre les IST), ce « feuilleton » critique s’étendra à intervalles réguliers, en cinq points, de la Marche des Fiertés du 24 juin jusqu’à la conférence scientifique IAS (International Aids Society) dont le lancement est prévu le 23 juillet. Intitulé « Prep en questions », coup d’oeil sur un regard divergent pour la santé publique, un point de vue alternatif qui ne craint ni le débat ni les foudres qu’il pourrait s’attirer.

 

 

FAUT-IL, AU NOM D’UN LOUABLE OPTIMISME, FAIRE DES PARIS SUR LA SANTÉ ?

 

 

Qui saurait se targuer de pouvoir définir le Vrai ? Cette question apparaît au coeur du questionnement relayé par Mediapart. Et c’est justement au regard d’un consensus immédiat et sans demi-teinte qu’Hervé Latapie a décidé d’écrire. Car il semblerait que de nombreuses questions demeurent non-élucidées : Ceux qui pourraient tirer profit de cette pilule miracle ont-ils quelque conflit d’intérêt ? Préfère-t-on croire à défaut de connaître ? Faut-il, au nom d’un louable optimisme, faire des paris sur la santé ? Les risques liés à la PrEP ont-ils été assez étudiés ?

 

 

 

 

« Une spirale qui risque de déboucher sur un scandale sanitaire. »

 

 

Autant de questions qui articulerons l’argumentaire en cinq volets. Si le mot introductif déjà paru insiste quant à la genèse de sa réflexion et souligne sa légitimité à publier cette réflexion, Hervé Latapie redoute que nous soyons, par ce moyen de prévention, entrés « dans une spirale qui risque de déboucher sur un scandale sanitaire ».

 

 

 

 

Si le premier article déjà paru (lien ici) revient sur les biais empruntés pour fabriquer un consensus en faveur de la PrEP, son prochain billet lui fera écho. « IPERGAY : un essai démonstratif pas hyper convaincaint », questionnera la forme de proto-PrEP réalisée pour une opération marketing d’envergure quant à l’usage de la fameuse pilule bleue.

 

 

LA PREP : « LE MIRAGE D’UNE NOUVELLE LIBÉRATION SEXUELLE »

 

 

L’auteur n’arrêtera pas ici sa réflexion. Par un volet intitulé « Le mirage d’une nouvelle libération sexuelle », il nous présentera comment la PrEP a annihilé un travail historique de plusieurs décennies de lutte contre les IST en recréant l’illusion d’un âge d’or seventies de libération sexuelle…Un travail pourtant réalisé par des associations qui aujourd’hui défendent cette pilule.

 

 

Rappel : Le préservatif n’empêche pas que la transmission du VIH.

 

 

Car loin de fermer les yeux sur cette attaque frontale envers la culture du safer sex, l’animateur du collectif Parlons Q (en partenariat avec le centre LGBT) émettra ses réserves  quant à l’usage et à la commercialisation de la pilule 701, qui entraîne la recrudescence des autres IST. Intitulé « Le talon d’Achille de la PrEP : La flambée des IST », cet antépénultième point soulignera en plusieurs arguments l’irresponsabilité et l’inconscience éventuelle de certains qui présentent cette « solution médicamenteuse » comme un substitut aux comportements préventifs traditionnels.

 

 

Le médicament expérimenté est le Truveda du laboratoire Gilead

 

 

Le dernier chapitre opposera l’industrie pharmaceutique à la santé publique. « Un « coût efficacité » plus favorable à l’industrie pharmaceutique qu’à la santé publique » se fera ainsi critique quant aux intérêts économiques des laboratoires et aux hypothèses « discutables » sur lesquelles ces derniers basent leurs arguments. Toutefois, rappelons qu’il ne s’agit que d’un point de vue, et des réserves peuvent également être émises au regard du bien-fondé d’associations telles qu’Aides et Sidaction.

 

Hervé Latapie envisage enfin une conclusion sur l’alternative à la PrEP pour une transition sexuelle éco-responsable. Et, à l’aube de la conférence de l’IAS, nous espérons que cet activiste alternatif aura permis un débat quant à la prescription de cette prévention… Et rendu possible une réflexion sur un antidote apparent qui pourrait n’être que la séduisante parure d’un nouveau poison.

 

 

 

 

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