Merci Qui ? Merci Harry !

Harry Potter : Vingt bougies soufflées pour un Friendly-plaidoyer.

Il y a vingt ans jour pour jour paraissait Harry Potter à l’École des Sorciers. Si l’on ne présente plus cette saga au succès planétaire, rappelons toutefois à quel point les jeunes Moldus que nous sommes avons pu découvrir sous un angle révolutionnaire (voire magique) la valeur de la tolérance et le respect de la diversité. Alohomora.

 

 

 

 

Dès les premières pages, le décor est planté. Tout lecteur apprend consciemment ou non à détester son tuteur Mr. Dursley pour son conformisme forcené. Le quartier aux maisons identiques, les journées banales de la famille du Surrey… Tout y est. Quant aux réactions indignées dès qu’un élément différent voire étrange (queer en anglais) fait son apparition, nous pourrions déjà y lire une allégorie de l’homophobie ordinaire.

 

 

 

HARRY POTTER : UN SUBTIL DISCOURS SUR L’ACCEPTATION DE SOI

 

 

Harry ignore encore sa différence, et le premier tome dont nous célébrons les vingt ans est bien plus qu’un simple récit fantastique. Il est, tout comme le reste de la saga, un subtil discours sur l’acceptation de soi. La découverte d’une communauté par le bien-nommé « Chemin de Traverse », les cours de Défense contre les Forces du Mal – danger intrinsèque à cette différence – rien ne semble laissé au hasard. C’est également un moyen d’affirmer, comme par le choix de la maison à laquelle on souhaite appartenir, que tout est déterminé par soi, par sa volonté, par son travail, et la définition que nous souhaitons avoir de nous-mêmes.

 

 

 

 

HARRY POTTER : UNE OEUVRE QUEER ?

 

De plus, J.K Rowling introduit au fil de l’oeuvre des particularismes à chacun de ses personnages qui font leur individualité. Ainsi, le personnage d’Hermione montre par son origine familiale (parents moldus) que la différence existe dans toute famille, qu’elle n’est ni génétique, ni choisie (son « coming-out » est d’ailleurs sujet à quolibets). Quant au personnage de Luna Lovegood, elle pourrait définir l’essence même du Queer : on la reconnaît étrange parmi les différents, elle ne vient pas de la même maison que les héros principaux, mais elle est pour autant aussi bien acceptée. Elle incarnerait ainsi un éloge de la diversité.

 

 

 

 

 

HARRY POTTER : UNE LUTTE CONTRE L’INTOLÉRANCE.

 

 

Mais la narration va plus loin que cette seule acceptation. Elle montre également le combat.  Tout d’abord, le combat intérieur envers la part sombre de soi-même pouvant conduire au sectarisme et aux conclusions hâtives (*attention spoilers* Harry a une part de l’âme de Voldemort en lui *attention spoilers*). Mais également, il s’agit du combat militant pour la coexistence de communautés différentes. Par exemple, le personnage de Mr Weasley étudie par exemple les objets du quotidien Moldu, un moyen de révéler au jeune lecteur, en filigrane, que tout n’est que question de point de vue.

 

 

 

HARRY POTTER : UN SOFT POWER AUSSI NÉCESSAIRE QU’INTELLIGENT.

 

 

 

 

Apprenant ainsi les valeurs de courage contre la peer-pressure puis contre l’ennemi, luttant à la fois pour une reconnaissance de la différence et l’acceptation de l’individu dans la communauté, HP enseigne une tolérance absolue et un respect sans faille de la diversité. Si l’auteur a depuis déclaré que le personnage de Dumbledore était gay, son oeuvre semble dépasser ce détail. À l’image de son tweet en soutien à Tom Daley, cette romancière-philosophe a offert à des générations entières un manuel friendly pour tous lecteurs. Un soft-power aussi enchanteur que nécessaire.

 

 

 

 

Plusieurs études menées ont d’ailleurs démontré l’impact d’Harry Potter sur ses lecteurs : toutes convergent pour montrer que ces derniers se montrent par la suite plus tolérants envers les immigrés, les homosexuels et, plus généralement, envers les minorités discriminées.

Alors bon, s’il y a bien une réforme de l’éducation nationale à faire, pourrait-elle être celle d’intégrer Harry Potter au programme scolaire ?

 

 

 

 

Sur ce j’vous laisse, j’ai Quidditch. Rdv Samedi soir, dancefloor de la voie 9 3/4.

 

 

 

 

 

 

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