Rouen : Une Gay Pride menacée par… Les soldes

  Deux trajets pour une marche. Le premier, celui qui avait été convenu par la Mairie comme les organisateurs, semble contesté… à l’approche des soldes. En cette veille de parade,...

 

Deux trajets pour une marche. Le premier, celui qui avait été convenu par la Mairie comme les organisateurs, semble contesté… à l’approche des soldes. En cette veille de parade, la tension semble à son comble, et il semblerait qu’il ne soit plus vraiment temps de s’avancer en « réponses de Normands ». 

 

D’autant plus que cette année, la Parade des Fiertés de Rouen a vu les choses en grand. Si Desireless  et Myriam Abel livreront une performance gratuite pour clôturer la marche sur la scène installée à proximité du village des associations sur le parvis de l’hôtel de Ville, le trajet était censé opérer une boucle sur la rive droite, passant notamment par la rue de la République, la très commerçante rue du Général Leclerc et la rue Jeanne d’Arc, en vue d’une dernière ligne droite sur la rue Jean Lecanuet.

 

LE NOUVEAU TRAJET SE RÉSUMERAIT À UN ALLER-RETOUR SUR LA RUE JEAN-LECANUET.

 

Toutefois, notamment en raison de la concomitance avec le premier samedi des soldes, la préfecture a déclaré un nouveau parcours, considéré bien moins reluisant. S’il n’entre plus, ou moins, en adéquation avec les valeurs de cette marche, le nouveau trajet se résumerait à un aller-retour sur la rue Jean-Lecanuet, avec un demi-tour place Cauchoise.

 

UN PAS EN ARRIÈRE ? 

 

Tandis que la question sécuritaire fait débat sur ce nouveau trajet (le premier avait justement été déterminé en concertation avec les services de police, qui avait déconseillé le passage rive gauche par le pont Corneille), le demi-tour avancé parait lui-même compliqué au regard de la taille de certains chars (dont un de 17 mètres). Et ceci va sans compter la visibilité réduite des LGBT dans le centre-ville rouennais, une sorte de pas en arrière lorsque l’on sait que les années précédentes, la Pride passait justement par ces rues que certains entendent condamner.

 

UNE LETTRE OUVERTE EN FAVEUR DU PROJET INITIAL ? 

 

Aucun consensus n’ayant été trouvé, le Président du centre LGBT Normandie propose ainsi une lettre ouverte en faveur du trajet initial et un envoi massif de celle-ci à Monsieur Frédéric Sanchez, président de Rouen Métropole, avec en copie le gérant des relations presse Pierre-Éric Bourg. La voici :

 

« Monsieur Sanchez,

Nos droits ne sont pas en soldes ! Notamment celui de manifester pour en obtenir pour les personnes lesbiennes gay bi, trans ou intersexes (LGBTI). Nous ne devrions même pas avoir à manifester pour cela !

Or, à ce jour, les jeunes LGBTI ont encore 13 fois plus de chances de commettre une tentative de suicide que les autres. 

C’est dans ce contexte et compte tenu de tout le travail réalisé par Normandie Pride et par ses partenaires, que je réclame le droit d’occuper l’espace public dans les conditions initialement prévues par l’association qui organise cet évènement d’intérêt général.

C’est la moindre des choses que vous auriez dû permettre au titre de l’engagement à lutter contre les discriminations qui fait partie des engagements de Rouen Métropole.

En tant que citoyens et militants nous ne manquerons pas de faire connaitre le travail de sape réalisé par votre collectivité.

Je ne vous salue pas. »

Amin ROBINE
Président du centre LGBT Normandie.

 

Reste à savoir si la consommation des ménages aura la primeur sur les droits LGBT. Et l’on souhaite une excellente Marche des Fiertés à tous les rouennais.

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