Actif / Passif, les rôles sont-ils forcement inchangeables ?

On ne connaît que trop le « Salut, ça va ? Tu cherches ? Actif/Passif ? ».  Bien que parfois il soit d’un français plus approximatif, c’est une question que l’on se pose toujours....

On ne connaît que trop le « Salut, ça va ? Tu cherches ? Actif/Passif ? ».  Bien que parfois il soit d’un français plus approximatif, c’est une question que l’on se pose toujours. Inconsciemment, c’est l’énigme que l’on veut découvrir dès que l’on rencontre quelqu’un.  Mais être actif, ou être passif, est-ce un rôle dans lequel on ne peut pas sortir ?

 

 

 

La réponse à la question semble super simple au premier coup d’œil. Oui, il est possible de faire les deux. On peut très bien décider les jours pairs d’être l’un, et les jours impairs d’être l’autre (et les jours fériés les deux). Mais dans le cadre du couple, s’avouer l’un ou l’autre est-il une fin en soi ?

 

L’idéalisation du couple passe par l’idéalisation d’un homme

« J’veux qu’il soit sensible, qu’il sache faire la cuisine, je le veux avec des goûts en déco irréprochable, mais j’veux aussi qu’il fasse beaucoup de sport, et qu’il gagne des millions, et puis je veux … »

 

Les engagés , série Gay

 

Le mec aussi parfait n’existe pas, et s’il eut un jour existé, il est déjà avec un autre depuis longtemps. L’idéalisation des couples et de l’autre passe souvent par ses deux préférences quand on y réfléchit bien. Rapidement, lors d’un premier rencard le jeu de l’interrogatoire commence.

 

« Tu préfères donc donner ? Ah non tu préfères recevoir ? »

 

Qu’il ait quelques défauts, des sujets sur lesquels il est impossible d’être d’accord, si sa préférence s’emboîte avec la vôtre, il est plus simple de l’excuser. Comme quoi, la sexualité, et l’envie de ne faire qu’un arrive très vite dans les doléances. Si les rencontres d’un soir sur les applications sont bien plus bestiales et moins spirituelles, la combinaison des préférences est primordiale et de fait, publique. Les rencontres plus « sérieuses » n’ont pas l’air d’échapper à cette règle.

Les couples mitigés tiennent plus la durée

« Un peu de toi et un peu de moi, feront de nous un rempart contre tout »

 

Les couples qui semblent le mieux tenir sont majoritairement de garçons versatiles. Alors bien sûr, il existe des couples qui ne sont que l’un ou que l’autre, puisque il y a un peu de tout dans la nature.

Ce qui peut souvent bloquer la versatilité dans les couples, c’est un petit manque de communication, et une grosse cuillère de peur. La peur d’être jugé.

 

 

« J’avais peur d’avouer à mon mec que j’avais envie d’être passif, j’avais peur de casser cette image qu’il a  de moi, ne plus être le mec viril et masculin qu’il aime».

 

Il ne faut pas confondre masculinité, virilité, et passivité. Tout comme il est inutile de se sentir supérieur quand on est actif, s’il n’y a pas de passifs, il n’y a personne à prendre. (Et le sexe en solo c’est une branlette et non un rapport)

 

Les couples versatiles sont donc les champions de l’endurance. Ils permettent de pouvoir assouvir ses envies d’un sens comme dans un autre, tout en découvrant des facettes inconnues de son partenaire. Très bon remède contre la routine, et c’est aussi une façon d’aimer l‘autre, plus en profondeur.

 

Actif / Passif, un renforcement des stéréotypes

Il n’y a rien de mal à vouloir porter un jean très serré (au contraire c’est toujours un plaisir à voir), de vouloir gueuler comme un fou sur du Dalida, jouer avec du maquillage, ou bien laisser ses poils sortir de partout, rire avec une voix grave, et taper du poing sur le bar avec une bière à la main. La tolérance va forcément dans les deux sens. Mais la catégorisation en tant que passif ou actif nourrit les stéréotypes.

 

De façon plus simple, si on aime la mode et les drag-queens on est forcément passif, et si on regarde le foot on est forcément actif. Et bien non, si c’était aussi simple, les « passifs » iraient draguer au parc des princes, et les « actifs » à la sortie des défilés de la fashion week.

 

Là-dessus c’est un travail que la communauté gay doit faire sur elle-même. Bien qu’elle soit maîtresse dans l’art de prendre les stéréotypes et de s’en servir contre arme pour se défendre, dans ce cas il s’agit de sa propre population.

 

En soi, on peut être le plus grand actif et avoir l’allure d’une diva, et être un fan de muscle et apprécier être dirigé.

« Après tout, il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis »

 

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