Tchétchénie : Igor Kochetkov à Paris s’exprime sur la situation.

Igor Kochetkov est l’un des activistes pro-LGBT russe et, invité par l’inter-LGBT pour s’exprimer il y a quelques jours, ce dernier a pu partager ses vues et ses inquiétudes...

Igor Kochetkov est l’un des activistes pro-LGBT russe et, invité par l’inter-LGBT pour s’exprimer il y a quelques jours, ce dernier a pu partager ses vues et ses inquiétudes quant à l’évolution de la situation en Tchétchénie. Un constat aussi courageux dans son expression qu’alarmant par les faits exposés.

 

LA SITUATION EN TCHÉTCHÉNIE : NI PLUS NI MOINS QU’UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ

 

 

 

Notons d’abord que ce militant et membre éminent du réseau LGBT russe n’a pas peur des mots qu’il emploie. Pour lui « Ce qui se passe en Tchétchénie est un crime contre l’humanité. » Lorsqu’il énonce le sens accordé au terme dans tout dictionnaire, Kochetkov déclare que « la situation actuelle correspond à cette définition. »

 

 

LES DÉTENUS, LES EXILÉS, LES PROCHES MENACÉS : 3 CATÉGORIES DE VICTIMES POUR UNE MÊME HAINE.

 

 

Les victimes de cette répression sont également en trois catégories, a-t-il détaillé pour son audience. Les détenus que l’on torture quotidiennement, ceux dont les noms sont connus et peuvent s’enfuir, et les familles qui vivent au jour le jour dans la crainte de représailles par les autorités, le voisinage ou, autre cas, par une part de la famille elle même.

 

 

LA MENACE DES CRIMES D’HONNEUR, UNE PRATIQUE ENCORE TRÈS RÉPANDUE.

 

 

Comme le rappelle toutefois la Fédération internationale des Droits de l’homme, les femmes de Tchétchénie vivent encore, elles aussi, sous la menace des « crimes d’honneur », une pratique encore très répandue et effectuée en toute impunité. Le régime de Kadyrov a donc une longue histoire de violences répressives derrière lui et, malgré la volonté de la dissimuler, la répression homophobe ne serait que la tardive partie émergée de l’iceberg.

 

Igor Kochetkov

 

Quant aux prétendues actions qui vont être menées par la Russie sur ledit territoire, Kochetkov n’hésite pas à les qualifier d’illusoires. Aucune enquête n’a pu être lancée, les délais de prescriptions adéquats à la législation russe ayant été dépassés.

 

LE PARADOXE DE L’ANNÉE : LES TÉMOINS DE VICTIMES DE KADYROV SERAIENT PLACÉES SOUS LA PROTECTION DE …

 

Et pour ce qui est de la déléguée des Droits de l’Homme russe (Mme Tatiana Moskalkova), elle dit pouvoir apporter une protection aux témoins des victimes qui viendraient la voir. Une protection bien entendue assurée par… Roulement de tambours… La police tchétchène ! Autant dire que lesdits témoins ne se précipitent pas à sa porte (oui oui, cette même police tchétchène qui invite les parents à tuer leurs enfants gays)

Ainsi, selon Kochetkov, le seul moyen de venir à bout de ces actes barbares serait une mobilisation internationale, un front collectif pour venir à bout de ces mesures qui poussent à l’exfiltration d’homosexuels tchétchènes, et ce même depuis la Russie. « Étant donné que la Russie n’a pas les traités internationaux qui permettraient ce genre de choses, la mobilisation internationale est la seule façon d’influencer l’enquête. »

Dès lors, la communauté internationale est-elle prête à mettre un terme définitif à cette gangrène ?

 

Et, ça ne mange pas de pain, on vous renvoie vers l’association Urgence Tchétchénie.

 

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