Pourquoi (re)voir Paris is Burning ?

Il y a quelques semaines, nous présentions déjà Netflix comme un divertissement militant. Loin de faire une publicité pour ce site, il s’avère toutefois que ce dernier permette désormais...

Il y a quelques semaines, nous présentions déjà Netflix comme un divertissement militant. Loin de faire une publicité pour ce site, il s’avère toutefois que ce dernier permette désormais de visionner le documentaire « Paris is Burning » en version restaurée. Réalisé par Jennie Livingstone et sorti à l’aube de la décennie 90’s, Paris is Burning revient sur l’essor du voguing. Si ces 76 minutes tournées dans le New York eighties sont une ode à l’inclusion, à l’espoir et à la mode, il s’agit surtout d’un document historique rare et nécessaire qui rappelle le chemin parcouru dans la lutte LGBTQ+. À (re-re-re-re)voir d’urgence. 

 

 

 

 

L’ESSOR DU QUEER

 

 

 

Car « Paris is Burning » est avant tout un documentaire sur l’acceptation de soi, de son identité, de son genre, de sa catégorie, de sa couleur de peau, et ce dans une société où peuvent se faire face – comme dans l’un des premiers plans du film – une « Ballroom » Queer et une église suprémaciste pour blancs. Chacun peut réaliser ses fantasmes dans l’une de ces soirées. Si « Paris is Burning » est à l’origine une soirée ayant donné son nom au documentaire lui-même, il évoque également une ré-appropriation des codes glamour et fashion de l’époque.

 

 

 

 

 

 

Tandis que la plupart rêvent d’appartenir à la caste mythique incarnée par les personnages blancs et riches de soaps tels que Dynasty ou Dallas, c’est le magazine Vogue lui-même qui inspire par les poses de ses mannequins cette danse libératrice que pratiquent l’ensemble des protagonistes. Car si la créativité du corps et de son appart semblent dans un premier temps au coeur des préoccupations, l’enjeu principal semble progressivement ne plus être qu’une question d’argent.

 

 

UN SUPERFICIEL PAS SI LÉGER

 

 

Mais « Paris Is Burning » ne saurait se résumer à un simple documentaire sur la danse. Il s’agit bel et bien d’une peinture sociale. Une immersion crue et réaliste dans un quotidien où les paillettes, loin d’être de banals artifices, sont un moyen de survie, une extravagance cruciale – nombre d’entre eux ont d’ailleurs comme patronyme d’emprunt Xtravaganza – à une époque où l’immense majorité n’avant plus de famille du fait de qui ils étaient. Si l’on y ajoute la menace du SIDA, la violence des quartiers populaires, l’homophobie ordinaire qu’on ne savait encore nommer ou le racisme exacerbé, « Paris is Burning » permet de redéfinir le superficiel et la mode comme deux enjeux LGBTQ+ qui permettent de survivre, de rêver, d’espérer.

 

 

 

 

C’est donc une famille en guerre contre le passé qui se crée sous nos yeux. Aussi mythique qu’actuel, « Paris is Burning » apparaît ainsi en genèse sombre du chemin parcouru depuis pour l’inclusion de la diversité. Âge d’or du voguing mais âge de plomb pour la communauté, nous en ressortons pleins d’empathie pour cette avant-garde d’alors à laquelle nous devons sinon tout, du moins énormément.

 

Et pour les anglophones, le documentaire non sous-titré est en intégralité sur Youtube ici

 

 

Vous aimerez aussi :