Loud & Proud, festival queer : «Ma musique parle de moi, du fait d’être noir et gay» Kiddy Smile

Kiddy Smile, artiste queer français chantera en live samedi dans le cadre du festival Loud & Proud. 20 minutes a rencontré ce chanteur hors norme. 29 ans, noir et...

Kiddy Smile, artiste queer français chantera en live samedi dans le cadre du festival Loud & Proud. 20 minutes a rencontré ce chanteur hors norme. 29 ans, noir et gay, plein de contrastes il assume tout. Un message fort, qui grandit dans un univers puissant et esthétique.

 

Dans ses créations il raconte son parcours.

« J’étais un jeune qui traînait en bas de son quartier [dans une cité de Rambouillet]. On me disait tellement que j’étais grand qu’il fallait que j’en fasse quelque chose alors j’ai choisi le volley. J’étais très bon, mais très fainéant, ça ne m’intéressait pas beaucoup. »

Il décide alors de prendre les choses en mains. Il lâche le filet et la balle pour se mettre à danser.

A 18 ans, il apparaît dans un clip de George Michael

« J’avais conscience qu’il s’agissait d’un artiste majeur mais je me demandais ce que je faisais là »

Quelques années plus tard encore, il se consacre à la musique. Sa rencontre avec la chanteuse Beth Ditto est décisive.

« Elle est d’une grande générosité, elle m’a poussé plus que je me serais bougé. Elle m’a invité à me produire à Coachella [en 2010], pour moi, ce festival, c’était mon rêve. Aujourd’hui encore, elle me conseille. Quand ça ne va pas, que je doute, je l’appelle, et elle est à l’écoute »

 

Il n’y a aucun doute, c’est une énorme figure de la scène ballroom parisienne.

« Cette communauté, regroupe des gens de couleur, LGBT et leur offre un espace pour s’émanciper et développer leur talent, avec un ensemble de danses que les médias résument sous le terme de « voguing ». »

 

« Mes visuels sont politiques »

En hiver, il faisait un passage sur le plateau de Quotidien. Cette émission qui est devenue un rendez-vous pour les français, a pu assister à une démonstration de son art. Kiddy Smile a chanté Let a B ! tch Know. Ce passage télé n’a pas vraiment marqué un avant et un après pour l’artiste, mais il semble heureux de l’impact au sein de la communauté homo.

« Les blancs me disaient qu’ils trouvaient ça super, les personnes de couleur m’ont dit merci car elles ont pu voir une représentation d’elles-mêmes. »

 

Le pouvoir de l’image, il sait très bien comment ça marche.

« Ma musique reflète mon quotidien. Je parle de moi, du fait d’être noir et gay. Mes morceaux parlent d’amour, ils ne sont pas politiques dans leur construction, mais mes visuels le sont ».

 

La preuve avec la vidéo de Let a B ! tch Know… tourné dans la cité des Alouettes à Alfortville : les danses ballroom surgissent aux pieds des HLM, les attitudes fierce délogent les postures machos, les identités LGBT s’exposent sans entrave.

 

« Je voulais faire un clip montrant à quoi ressemblerait une société où tu peux être toi-même où tu veux », résume Kiddy Smile.

« Le quartier est le dernier endroit où te saisir de ta féminité et en être fier »

« De mon expérience de ce qu’est un quartier, les gens sont tellement mis au ban de la société qu’ils se doivent de se montrer fort tout le temps. L’homosexualité y est vue comme une forme de faiblesse car associée à la féminité. Le quartier est le dernier endroit où tu peux te saisir de ta féminité comme quelque chose dont tu peux être fier. »

 

 

Vous aimerez aussi :