Montpellier : une Marche des Fiertés internationale et plus déterminée que jamais !

Comme à son habitude, il faut attendre début juillet pour que les montpelliérains et les militants de la région retrouvent leur Marche des Fiertés locale. La 24è édition aura...

Comme à son habitude, il faut attendre début juillet pour que les montpelliérains et les militants de la région retrouvent leur Marche des Fiertés locale. La 24è édition aura lieu dès demain, et comme il est de coutume, sous la houlette de Fierté Pride Montpellier. Alors que Stéphane Lossila prendra le relai début août, l’actuel président Vincent Boileau-Autin a accepté de nous en dire plus sur la spécificité de cet événement annuel, entre deux allers-retours vers Montréal…

Par Grégory Ardois-Remaud

 

Le 1er août prochain, tu quitteras Fierté Pride Montpellier après onze ans, dont neuf en tant que président. Pour quelle raison ?

Les associations, au même titre que la classe politique, doivent se renouveler. C’est la condition indispensable à l’émergence de nouvelles générations de militants, de nouveaux projets, des idées neuves. Puis, j’ai la particularité depuis octobre 2016 de partager ma vie entre Montréal où nous vivons avec mon époux, et Montpellier. Fierté Montpellier Pride a donc besoin d’un.e Président.e qui soit sur place. Hors je suis à Montpellier seulement plusieurs jours par mois. Ce n’est pas suffisant et il ne s’agissait pas pour moi de pénaliser l’association.

Quant à mes projets militants, ils sont nombreux. Evidemment, si je quitte mes fonctions de Président de Fierté Montpellier Pride, cela n’implique pas l’arrêt de mes engagements. Je vais prendre le temps d’un peu de repos cet été avant de me remettre au travail.

Le premier marié gay de France partira en août vers d’autres horizons, toujours militants évidemment.

Peux-tu justement nous présenter cette association qui organise tous les ans la Marche ?

L’association a bien évolué depuis 10 ans. Grâce à l’acquisition de ses locaux dont elle est propriétaire, l’association a changé de visage en devenant également un centre LGBT à vocation régionale. Elle regroupe des individu.e.s, des associations et des commerces et sociétés.

Depuis maintenant plusieurs années et outre l’organisation de la Pride, l’association accueille le public toute l’année, réalise, dans ses locaux, du dépistage VIH, rapide anonyme et gratuit en partenariat avec Aides et Enipse. Elle tient des permanences juridiques gratuites avec le soutien d’un cabinet d’avocats, elle dispose d’un pôle dédié aux personnes et questions transidentitaires, d’un pôle culture nommé les Interludes, etc. L’association est donc en activité toute l’année.

Notre mot d’ordre ? « Rien ne nous arrêtera! « 

 

Quels sont vos partenaires sur cet événement ?

Nos partenaires sont nombreux. En premier lieu les associations, les commerces LGBT et Friendly de Montpellier et de l’Hérault, SNCF, NRJ, la Région Occitanie, Montpellier, Tignes, Fierté Montréal, Madrid Pride, Sexosafe, etc.

A l’image de votre affiche, vous avez choisi un mot d’ordre fort…

Oui, pour cette 24ème édition : « Rien ne nous arrêtera ! » Nous l’accompagnons en effet d’une affiche choc pour montrer et dénoncer les ravage des LGBTphobie, mais également pour rappeler notre détermination à faire avancer nos droits, reculer les discriminations, poursuivre la lutte contre le Sida. Le message est clair pour nos opposants, nos agresseurs, nos politiques : « Rien ne nous arrêtera ! »

Sur cette affiche forte, nous pouvons reconnaître Wilfred de Brujin, agressé en 2013 à Paris à cause de son homosexualité.

 

Quels seront les temps forts ?

Bien entendu la Pride elle même qui a lieu demain avec à 15h un forum des associations et le départ prévu à 17h du Jardin du Peyrou à Montpellier.

Vers 18h30, sur la Place de la Comédie, en plein coeur du centre ville piétonnier, se tiendra le discours militants, suivi d’une prise de parole dédiée à la lutte contre le Sida et accompagnée de la minute de silence, puis d’une dépôt d’une gerbe au monument aux morts de Montpellier en mémoire des déportés homosexuels mais également en hommage aux victimes d’Orlando et de l’odieux camp ouvert en Tchétchénie, et plus généralement aux LGBT massacrés, tués un peu partout dans le monde.

Ensuite, place à la célébration, car oui une Pride est aussi un moment de célébrations dédié à Stonewall et la fête de la diversité ! De 20h à minuit, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Montpellier, nous organisons un apéro de clôture géant avec concert et DJs. Un apéro qui accueille généralement 10 à 15 000 personnes.

A l’issue, nos partenaires officiels de cette édition organisent 3 soirées : une Flawless au Dieze, une BearDrop à la Villa Rouge et une soirée 100% Filles à l’Addict Klub. A souligner qu’une partie des entrées sera reversée à l’association.

« Fierté Montpellier Pride fera partie de la prochaine Pride de Montréal « 

 

Comment vous définiriez la spécificité de votre Marche ?

C’est une Marche qui part en fin de journée pour tenir compte des fortes chaleurs en été dans le sud de la France. Elle s’est beaucoup internationalisée du fait de notre présence dans différentes associations internationales et du travaille que l’on réalise dans d’autres pays. Nous nous considérons comme des citoyen.ne.s du monde avant d’être montpelliérain.ne.s et sommes convaincus de la nécessité de s’unir par delà les frontières pour être plus fort et venir en aide aux LGBT qui vivent dans des pays qui leur sont hostiles. Aussi, nous recevons chaque année des Président.e.s de Pride du monde. Désormais et depuis deux ans, Fierté Montpellier Pride est jumelée avec Fierté Montréal et Madrid Pride. Des lien de coopération nous permettent de développer des projets. D’ailleurs Fierté Montpellier Pride fera partie de la prochaine Pride de Montréal qui aura lieu le 20 août 2017.
Avec ton expérience, quelle évolution tu constates sur cet événement ?

Notre Marche est passée de 8 000 personnes à plus de 20 000 personnes en quelques années. Si elle a beaucoup évolué, elle a surtout su s’adapter notamment dans les moments difficiles à l’image de l’édition 2016 annulée après les attentats de Nice en juillet 2016. Nous avons reporté la Pride en octobre, au moment où nous recevions pour la première fois en France le Congrès Européen et International des Prides. Ce fut une Marche exceptionnelle !  Toutes les délégations et Président.e.s de Pride du monde main dans la main et plus de 15 000 personnes. Lorsque nos détracteurs ont la médisance de dire que les Marches ne mobilisent que par leur volet festif, nous leur avons cloué définitivement le bec. Cette Marche restera gravée !

« Un message pour Emmanuel Macron ? Qu’il se mette en marche sans plus attendre pour autoriser la PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes « 

En quoi est-il encore important d’organiser ces Marches ?

L’animatrice Daphné Bürki était la marraine de l’édition 2016.

La visibilité, la revendication en faveur de l’avancée des droits, la célébration de la diversité, la commémorations des émeutes de Stonewall, sans lesquelles nous ne serions sans doute pas aussi libre que nous le sommes aujourd’hui, la nécessité d’afficher chaque année notre soutien aux LGBT pourchasséEs, menacéEs, discriminéEs, torturéEs, assassinéEs, en France et dans le monde. Les Marches sont les seules manifestations organisées chaque année pour célébrer la solidarité et la diversité. Elles sont donc uniques en leur genre et doivent continuer à exister, se développer car elles nous permettent de gagner bien des combats !
Pour finir, quel message vous souhaiteriez adresser à Emmanuel Macron pour les cinq années à venir ?

Il y en aurait tellement ! J’attends comme beaucoup, qu’il se mette en marche sans plus attendre pour autoriser la PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes. Que cela aille vite et qu’il nous épargne un an de débat, un an à se faire vomir dessus par les forces réactionnaires de notre pays. Bien entendu, nombreux sont les sujets LGBT sur lesquels il devra prendre position et agir, notamment sur les droits des personnes Trans et sur bien d’autres questions.

 

PLUS D’INFOS: facebook.com/FierteMontpellierPride/

 

Suite à l’attentat de Nice, l’an dernier la Marche a été reportée en octobre et a pu compter sur plus de 15 000 personnes venant des quatre coins du monde.

 

Crédits photos : Julien Vidal

Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

Vous aimerez aussi :

  • Existrans : les T et I sont dans la rue

    Le slogan de cette édition 2017 de la marche Existrans est fort à propos. Voilà 21 ans que le collectif abonde les rues parisiennes à l’occasion d’une journée par...
  • TRUMP ET LES LGBT : COMMENT IL LES A PIÉGÉ

    L’actualité est chargée, de l’autre côté de l’Atlantique pour les LGBT américains ces dernières semaines. Après la sortie du Président des États-Unis largement relayée sur les réseaux sociaux au...
  • Et un jour une « femme »…

    Comme quoi, même chez nos amies les bêtes, Les Feux de l’Amour gays existent « L’amour triomphe toujours » dit l’adage. Même malgré des rebondissements rocambolesques, ce sentiment reste d’une puissance...
  • OLIVIER MINNE : ENFIN LE COMING OUT !

    S’identifiant publiquement comme bisexuel depuis un peu plus de trois ans, Olivier Minne semble avoir tourné la page de cette révélation sur laquelle il revenait pourtant en Mars dernier...