Dopage sexuel : la performance, à tout prix ?

 /Par Pierre DES ESSEINTES/ (2/2)

Symptôme des temps ou influence du porno, la quête de performance sexuelle concerne aujourd’hui tous les hommes, même les plus jeunes. Cela passe par une utilisation récréative des médicaments traitant la dysfonction érectile, ou la consommation de compléments alimentaires douteux, disponibles sur le net. Enquête.

Que dit la loi?

Qu’en est-il de tous ces remèdes aux noms évocateurs :
Viaman, Chronoerect, Erector, Libido Power ? Une chose est certaine : si vous achetez ces gélules et qu’ils vous font un effet comparable à celui du Viagra, vous avez sûrement affaire à un analogue. Ces produits, vendus non pas comme des médicaments, mais en tant que « compléments alimentaires » sont officiellement composés, selon leurs étiquettes, de produits naturels : ginseng, salsepareille (les schtroumpfs adorent ça, pourquoi pas vous ?), ou arginine. Bien sûr, ils ne bénéficient d’aucune AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Depuis quelques années, les sites distribuant ces produits se multiplient. Certains ferment pour échapper aux contrôles, puis rouvrent sous d’autres noms.

Bien que ne bénéficiant pas d’autorisation de mise sur le marché, le Viaman et bien d’autres pullulent sur de nombreux sites Compléments alimentaires.

Les sex-shops en ligne défendent jusqu’au bout l’argument fallacieux du « complément alimentaire 100 % naturel », et parfois du « 100 % français », gage, selon eux, de fiabilité ! En 2013, Marc Dorcel retirait de ses boutiques le Start up for him, suite à une plainte déposée pour « exercice illégal de la profession de pharmacien », « escroquerie en bande organisée », ou encore « tromperie sur une marchandise présentant un danger pour la santé humaine ». Les analyses effectuées avaient révélé
la présence d’analogues de Tadalafil, la molécule active du Cialis. Les gendarmes de l’OCLESP (l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique) avaient été saisis. Le fournisseur, basé en Suisse était approvisionné depuis l’Asie.
En 2013, Marc Dorcel retirait de ses boutiques le Start up for him, suite à une plainte déposée pour «exercice illégal de la profession de pharmacien. Peu après, un laboratoire toulousain révélait qu’un autre produit « aphrodisiaque » commercialisé en sex shops, le…

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