Sortie du Mercredi : Une Femme Fantastique, de Sebastián Lelio

Aujourd’hui sort dans les salles obscures Une femme fantastique, de Sebastián Lelio. Lauréat du meilleur scénario et du Teddy Bear (Prix LGBT) à la dernière Berlinale, il s’agit d’un...

Aujourd’hui sort dans les salles obscures Une femme fantastique, de Sebastián Lelio. Lauréat du meilleur scénario et du Teddy Bear (Prix LGBT) à la dernière Berlinale, il s’agit d’un mélodrame déchirant sur la perte de l’être aimé, mais également sur les conséquences que cela peut induire lorsque cet amour n’est pas accepté par l’entourage. Zoom sur un drame culte en devenir. 

 

 

C’est l’histoire d’un amour que certains ne jugent pas légitime ou, pire, vicié. C’est l’histoire d’une tempête, celle que traverse Marina lorsque son homme meurt, du jour au lendemain. C’est l’histoire contemporaine d’une femme née dans un corps d’homme et qui est dont le deuil est, ipso facto, considéré moins légitime.

 

 

 

 

En devenant la cible des rancoeurs et de l’intolérance de l’entourage, ce long-métrage apparaît comme un long chemin vers la dignité. Primé à Berlin pour son scénario maitrisé du premier au dernier plan, Une femme fantastique traite avec un oeil pudique – et déjà récompensé pour Gloria, prix d’interprétation pour l’actrice –  d’une histoire d’amour entre deux êtres. Le fait que le personnage central ait pu avoir un autre genre n’est pas un thème en soi. Il s’agit justement d’observer comment celles et ceux qui l’entourent ne peuvent/veulent voir qu’au travers de ce prisme une histoire d’amour qui faisait, justement, fi de ce passé.

 

QUE SE PASSE-T-IL POUR LA PERSONNE DANS LES BRAS DE LAQUELLE ON DÉCÈDE ?

 

 

 

 

Dans la continuité de ses films précédents (La Sagrada familia, Navidad, El Año del tigre), ce long-métrage est centré sur l’étape charnière d’une vie. Que se passe-t-il pour la personne dans les bras de laquelle on décède ?

 

 

Orlando (Francisco Reyes) et Marina (Daniela Vega)  

 

Après avoir pensé à différents types de personnages centraux, le réalisateur Sebastián Lelio a eu l’intuition de centrer cette histoire d’amour sur une conjointe transgenre. À partir de cette étape, lui et le co-scénariste Gonzalo Maza sont partis à la rencontre de femmes transgenres, s’enquérir de témoignages personnels à la genèse du script.

 

LA FEMME FANTASTIQUE NE POUVAIT PAS ÊTRE JOUÉE PAR UNE ACTRICE CISGENRE.

 

Autre conviction du réalisateur : Sa « femme fantastique » ne pouvait pas être jouée par une actrice cisgenre.  Cela équivalait pour lui à une logique où « l’on ne pouvait pas filmer de Noirs et que les acteurs blancs se noircissaient le visage » a-t-il déclaré à Berlin). Puis est apparue Daniela Vega.

 

 

 

 

Une performance qui, si elle ne fut pas primée lors de la Berlinale, a toutefois su marquer les esprits des festivaliers. Lorsque l’actrice s’est entretenue avec le quotidien allemand Taggespiegel, elle est revenue sur la force de son personnage : « (Marina) est presque un peu inconsciente, mais elle veut dire au revoir à Orlando. Elle est fantastique (comme dans le titre) parce qu’elle trouve la dignité là où il n’y en a pas ». Le quotidien a également espéré que Daniela Vega puisse jouer dans des films plus légers où la question de la transidentité n’apparait pas comme une difficulté, mais comme une différence qu’on ne voit plus.

 

 

UN FILM QUI S’INSCRIT DANS LA NOUVELLE VAGUE DU CINEMA CHILIEN

 

Si certains pourront trouver une filiation à l’oeuvre d’Almodovar, ce film s’inscrit surtout dans la nouvelle vague du cinéma chilien : « Une femme fantastique » a d’ailleurs été co-produit par nul autre que Pablo Larrain, le réalisateur remarqué de biopics tels que Neruda et Jackie.

 

Alors n’attendez-plus, allez voir ce film aussi fantastique que la femme qu’il donne à voir et toutes celles qu’elle incarne.

 

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