Témoignage : OTHMAN 25 ans, Casablanca (Maroc)

« Témoigner de la situation d’un jeune marocain qui veut vivre libre. »

Pour ce nouveau numéro, Garçon vous invite à franchir la Méditerranée et à découvrir le récit de ce jeune styliste, également designer. Pas simple de vivre sereinement son homosexualité dans un pays où celle-ci est encore illégale. Pourtant, si la résignation amoureuse domine le discours émouvant du jeune homme, la soif d’espoir n’en finit pas d’effleurer…

J’ai vécu ma première relation en 2012, alors que j’avais 20 ans… C’était avec un marocain âgé de 30 ans. Le premier mec de toute ma vie! Jusque-là, c’était plutôt « pour vivre heureux, vivons cachés ».
Je me cachais de cette société qui me dérange et que je dérange.
J’avais tellement peur de le rencontrer, tellement peur d’être repoussé. On a fixé rendez-vous après mon travail à 21 heures. Il est venu m’attendre à la sortie. Je ne vous cache pas que je voulais que le temps s’accélère juste pour enfin le rencontrer. Il était là dans sa voiture grise, tout sourire ! Je monte dans la voiture il me dit bonjour. Je tremblais. J’avais le cœur qui battait si vite que j’ai cru défaillir mais il était si gentil.

«Est-ce que je peux t’embrasser ? »

On a parlé de tout et surtout du fait je n’avais aucune expérience en amour. Et il m’a pris la main et il me l’a embrassée ! Et soudain il m’a demandé gentiment :« Est-ce que je peux t’embrasser ? Moi j’avais honte : je ne savais pas comment l’embrasser, je n’avais jamais embrassé quelqu’un, je savais pas comment ça allait se passer ! Enfin je sentais la douceur de ses lèvres touchant les miennes ! Une sensation nouvelle, tellement romantique. On a gardé contact. Il m’appelait chaque jour et on a fini par être ensemble. Mon premier mec ! Que j’étais heureux ! J’aurais voulu le dire à tout le monde mais malheureusement je ne pouvais raconter ça à personne. On passait les week-ends ensemble, on partait pendant mon jour de repos. J’avais juste trouvé quelqu’un avec qui je pouvais être moi-même sans dissimuler quoi que ce soit.

« J’ai cru à une blague de mauvais goût.»

Après 3 mois de relation, nous avons voyagé. Dans la voiture il m’a révélé qu’il était…
Grégory Ardois-Remaud

Nantais d’origine, le jeune journaliste est un passionné avant tout qui aime s’évader dans le jardinage ou la littérature. Son talent caché ? Il connaît la bio de Louis de Funès sur le bout des doigts.

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