La dépénalisation de l’homosexualité a 35 ans !

Votée à l’Assemblée le 27 juillet 1982, la dépénalisation de l’homosexualité souffle ses 35 bougies. Un pas de géant dans la longue marche vers l’égalité.   En 1791, le...

Votée à l’Assemblée le 27 juillet 1982, la dépénalisation de l’homosexualité souffle ses 35 bougies. Un pas de géant dans la longue marche vers l’égalité.

 

En 1791, le premier Code Pénal républicain abrogeait le « crime de sodomie entre adultes consentants ». Si Napoléon a par la suite différencié la majorité sexuelle entre hétéros (15 ans) et homos (18 ans), c’est en 1942 que le régime Vichyste vint fortement discriminer l’homosexualité.  Par la modification de nombreux alinéas sur le papier, la France s’inscrit en adéquation avec la politique allemande du « triangle rose ».

 

Une circulaire qui marque le revirement…

L’arrivée de Mitterrand en 1981 va changer la donne. La circulaire du 11 juin adressée à la hiérarchie policière interdit « le fichage d’homosexuelsles discriminations et à plus forte raison, les suspicions antihomosexuelles ». Le « Groupe de contrôle homosexuel », ayant pour mission de ficher les gays, est également supprimé.

 

Badinter, Homme de Progrès

Badinter, alors Garde des Sceaux du gouvernement Mauroy, abroge les restrictions introduites par Pétain. La majorité sexuelle passe à 15 ans pour tous, et les dispositions relatives aux mœurs (le droit du bailleur d’exclure un locataire gay, par exemple) sont également proscrites.

C’est également le lendemain de la circulaire – soit le 12 juin 1981 – que l’homosexualité ne compte plus parmi les maladies mentales. À une échelle supra-étatique, l’OMS en fera autant durant les nineties.

 

 

« L’ASSEMBLÉE SAIT QUEL TYPE DE SOCIÉTÉ (…) A CONSTAMMENT PRATIQUÉ LA CHASSE À L’HOMOSEXUALITÉ.

 

 

Le 20 décembre 1981, lors d’une allocution à l’Assemblée, Badinter déclara : «L’Assemblée sait quel type de société, toujours marquée par l’arbitraire, l’intolérance, le fanatisme ou le racisme, a constamment pratiqué la chasse à l’homosexualité. Cette discrimination et cette répression sont incompatibles avec nos principes, ceux d’un grand pays de libertés. Il est d’ailleurs temps de prendre conscience de tout ce que la France doit aux homosexuels comme à tous ses autres citoyens dans tant de domaines.»

 

 

 

 

Enfin, après de multiples débats et autant de désaccords entre les deux chambres de l’Assemblée, la proposition de loi rapportée par Gisèle Halimi et Raymond Forni est adoptée… Le 27 juillet 1982.

 

Il est dès lors envisageable de remarquer à quel point la route a été longue, et convient de célébrer comme il se doit les siècles de combats passés et de se montrer enthousiaste quant aux progrès à venir.

 

 

 

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