Mardi Librairie : Avant les hommes, l’été à fleur de peau, par Nina Bouraoui 

C’est Mardi c’est Librairie. On revient aujourd’hui sur un récit aussi court qu’intense signé Nina Bouraoui. Paru en 2007 chez Stock (puis poche folio n°4826), cet opus d’une petite...

C’est Mardi c’est Librairie. On revient aujourd’hui sur un récit aussi court qu’intense signé Nina Bouraoui. Paru en 2007 chez Stock (puis poche folio n°4826), cet opus d’une petite centaine de pages relate avec une justesse rare l’amour transgressif et l’incandescence des passions adolescentes. 

 

#4 : Avant les Hommes, Nina Bouraoui, Stock, 2007

 

 

Il y a Jérémie, un jeune garçon qui vit seul avec sa mère assez absente et développe une passion obsédante pour Sami. Il y a le pavillon, et la cité adjacente. Au coeur d’un été dans la France de ceux qui ne partent pas pour les vacances, ces deux personnages vont se voir et se brûler.

 

« LE TROU NOIR DE L’ÉTÉ »

 

 

Si l’on connaît la maîtrise de Nina Bouraoui dans l’écriture de ses récits, il convient de souligner ici sa justesse. Aucun préjugés, aucun a priori. La voix narrative masculine se détache de tout jugement de valeurs ou idéologie. Et c’est la langue déliée d’un personnage silencieux qui encre ce récit.

 

 

Nina Bouraoui

 

 

On ne tombe ainsi pas dans les écueils habituels des dichotomies pavillon contre cité, blanc contre beur, … Bien au contraire : Jérémie vit seul avec sa mère hôtesse de l’air, le milieu social n’est pas plus « souhaitable » que celui d’en face.

Et le style épuré permet d’accéder à une rare pureté. On trouve ainsi transcrit au fil des pages une oscillation permanente, un équilibre incertain qui caractérise les années adolescentes.

 

DE L’AUDACE EN LITTÉRATURE

Un pari fort pour la romancière qui revient à la fiction après Mes mauvaises pensées (prix Renaudot 2005) et souligne une fois de plus que non, la littérature n’est pas l’imposition d’un réel fictif mais le fait de donner à voir une réalité fictionnelle.

Le titre lui-même est une invitation au voyage. Avant les hommes, c’est donc l’initiation par l’inertie physique et l’effervescence psychique. C’est le déploiement d’une réflexion à fleur de peau qui dirige vers l’âge adulte, c’est la passion qui mène à la mesure, l’inconscience de soi qui mène à la conscience du monde et, parfois, le feu qui mène à la tiédeur. À lire d’urgence !

 

Et pour retrouver les trois premiers Mardi Librairie, c’est ici, et encore.

 

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