Mardi librairie : À moi seul bien des personnages, de John Irving

C’est Mardi c’est librairie. On revient cette semaine avec une oeuvre américaine d’ampleur. Si l’auteur, John Irving, n’est plus à présenter, cet immense roman mérite toutefois plus d’attention parmi...

C’est Mardi c’est librairie. On revient cette semaine avec une oeuvre américaine d’ampleur. Si l’auteur, John Irving, n’est plus à présenter, cet immense roman mérite toutefois plus d’attention parmi son oeuvre. À la fois Bildungsroman et roman de la maturité, À moi seul bien des personnages est un monument littéraire sur la découverte de soi et des valeurs littéraires que l’on souhaite faire siennes. 

 

#5 : À moi seul bien des personnages, John Irving, Seuil, 2013

 

La narration commence dans une petite ville de la côte Est, dans les années 50. Le jeune Bill est perturbé par son attirance « contre-nature » envers son beau-père ainsi que par celles envers un ami à lui et la bibliothécaire aux seins menus.

 

 

 

 

Si une part importante est consacrée à la trans-identité (la couverture vous laisse un indice…), l’homosexualité et plus généralement la fluidité sexuelle font partie des thèmes majeurs de ce roman. C’est à travers le prisme des constructions d’une identité sexuelle et d’une différence que ce roman se déroule.

 

UNE ÉDUCATION LITTÉRAIRE

 

Mais c’est également une éducation littéraire qui apparaît au fil des pages. Madame Bovary, La chambre de Giovanni, La Tempête, autant d’oeuvres qui construisent le personnage. Ainsi l’amour, l’amitié, l’ambition et l’importance éventuelle de la famille sont autant de thématiques centrales traitées par ces lectures et qui permettent au personnage de se construire.

L’étendue temporelle (années 50 – années 2000) permet ainsi de découvrir au travers des yeux d’un personnage lambda l’évolution des enjeux du siècle, du premier amour « contre-nature » au deuil des morts du SIDA, des États-Unis post Seconde Guerre Mondiale à l’unilatéralisme des années Clinton.

 

 

 

John Irving

 

 

UNE DÉFINITION DU PROGRÈS HUMAIN

À la fois drôle, tragique et plein de suspense, ce roman est une réflexion tant sur l’ouverture d’esprit que la valeur de cette ouverture même. Fervent défenseur du droit des femmes à l’IVG — il avait notamment écrit L’Oeuvre de Dieu, La Part du Diable qui traitait de cette thématique — il l’évoque également.

L’auteur britannique Edmund White a lui-même déclaré : « À moi seul bien des personnages est un roman qui vous rend fier d’être humain. » Ce roman est ainsi incontournable en ce qu’il parvient à capter en quelques centaines de pages l’essence même de notre humanité. À (re)découvrir de toute urgence !

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