Ouganda : Fortement intimidée par les forces de l’ordre, la communauté LGBT annule la Gay Pride

Après avoir interdit le gala d’ouverture, les organisateurs de la gay pride ont décidé d’annuler cette dernière. Subissant une forte pression des forces de l’ordre, les militants préfèrent ne...

Après avoir interdit le gala d’ouverture, les organisateurs de la gay pride ont décidé d’annuler cette dernière. Subissant une forte pression des forces de l’ordre, les militants préfèrent ne pas défiler par mesure de sécurité pour les manifestants.

Lundi 14 août, dans un entretien entre Kasha Jacqueline Nabagesera, une militante ougandaise pour les droits des LGBT et Simon Lokodo, ministre de l’éthique et de l’intégrité, la conversation n’a pas été calme. En presque un quart d’heure de discussion le ton est monté plusieurs fois. Les résultats sont alarmants pour la cause homosexuelle dans le pays.

« Je suis clair à 100%. L’organisation d’un événement tel qu’une parade est illégal selon mon jugement et, par conséquent, ne doit pas se dérouler ». Tels étaient les mots du ministre.

 

Tristement célèbre pour son engagement contre toute initiative et propagande LGBT, le ministre a menacé les militants d’arrestation, s’ils s’obstinaient à conserver les dates de la Pride. Il a même averti que si une des organisatrices se présentait à lui, il s’en prendrait physiquement à cette dernière.

La communauté LGBT ougandaise joue pourtant prudemment. Dans une discrétion absolue, le 16 et 18 août elle avait averti les journalistes au dernier moment.

Une décision difficile

« Ils ont interdit l’évènement en prétextant que nous étions en train de recruter ». Lorsque les militants étaient en pleine discussions avec les représentants des forces de l’ordre, ces dernières auraient investies tous les lieux où les événements devaient se dérouler. Cette invasion a terrifié les participants, craignant des représailles et des violences incontrôlables. C’est à cause de cette présence que les organisateurs ont pris la lourde décision d’annuler toutes les festivités, de peur de ne pouvoir garantir la sécurité des hommes et femmes présents.

L’an passé, une descente de police très musclée lors des dates de la Pride, avait poussé les organisateurs à reculer le jour de la marche. Cette intervention a laissé des cicatrices qui ne sont toujours pas fermées.

Pour l’instant l’organisation d’une nouvelle Pride n’est pas au goût du jour. L’homosexualité est toujours passible de prison dans le pays. Plusieurs personnalités politiques se sont récemment prononcées pour l’adoption d’une loi encore plus répressive.

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