Sortie du Mercredi : « 120 Battements Par Minute », de Robin Campillo

Les festivaliers de Cannes ne s’y sont pas trompés. Lauréat du Grand Prix à Cannes, 120 BPM (battements par minute) sort en salles aujourd’hui. S’il a tiré les larmes...

Les festivaliers de Cannes ne s’y sont pas trompés. Lauréat du Grand Prix à Cannes, 120 BPM (battements par minute) sort en salles aujourd’hui. S’il a tiré les larmes au président du jury Pedro Almodovar, c’est l’occasion de se remémorer une page sombre de notre Histoire tout en rendant hommage à ceux sans qui les progrès face au VIH n’auraient pu être accélérés. 

 

Act-UP Paris, début des années 1990. C’est une page sombre de l’Histoire. Celle des années noires. « 93, année terrible », dirait Victor Hugo. C’est le pic de contamination et de décès de personnes séropositives. C’est la naissance de la Place des morts du SIDA, dont le nom a pu être commémoré durant notre dernière marche des fiertés. C’est l’époque où un test positif rimait avec une vie en sursis.

 

En cette période restituée avec un réalisme rare, le personnage de Thibaut (directement inspiré du co-fondateur de l’association Didier Lestrade) organise des réunions hebdomadaires (RH) afin d’endiguer la propagation et obtenir une médication efficace. Si de nombreuses scènes permettent de (re)vivre les débats et joutes verbales opposant les différents partis, ce film n’est pas qu’une oeuvre politique.

 

Nahuel Perez-Biscayart incarne Sean, allégorie de la pulsion de vie.

 

 

Car 120 BPM est également une fresque romanesque. C’est l’histoire de Sean, joué par Nahuel Pérez-Biscayart, et Nathan, joué par Arnaud Valois. Ils vivront une passion amoureuse dotée d’une dimension tragique : l’un est séropositif, l’autre non… Sous l’oeil de Thibaut (inspiré par Didier Lestrade, co-fondateur de l’association), également séropositif mais réactif aux traitements, ils feront battre le coeur de l’association à leur mesure… Soit 120 battements minute.

 

Arnaud Valois incarne Nathan, un rôle entre héroïsme et candeur.

 

Cette oeuvre permet ainsi de redécouvrir intimement les enjeux d’une époque. Bon nombre des figurants appartiennent ou ont appartenu à l’association-même ! Xtophe Mathias confie ainsi dans les pages de GARCON Magazine : « C’est un film qui va faire du bien (…)  Il (Robin Campillo, ndlr.) a réussi à représenter ce qui se passait à l’époque (…) j’ai de la fierté. »

Nous pouvons notamment saluer la performance d’Adèle Haenel, dont la présence à l’écran donne une teneur si vraisemblable au long-métrage qu’il en deviendrait quasi-documentaire. Rien d’étonnant. Robin Campillo, lui même ancien membre d’ACT UP Paris, a coécrit le scénario avec Philippe Mangeot, ex-président de l’association !

 

 

Adèle Haenel lors d’une action menée aux laboratoires Melton Pharms.

 

Et afin que n’oubliiez pas qu’il ne s’agit pas que d’un film, voici le lien de l’association, qui continue le combat au quotidien !

Vous aimerez aussi :